AUX OBJECTIONS. 2 6r
sera pas atteint, que ce cas ne peut nullement entrer en comparai-son , avec celui où les Lombes frapperont avec certitude et engrand nombre. Ces mêmes bombes, quand on les reçoit sur terre,tombent egalement d’en haut avec inexactitude, et elles arrivent,soit dans l’attaque, soit dans la défense des places , en des lieuxétendus où le terrain ne manque pas pour diviser les chances , etoù d’ailleurs on a près de soi des traverses et des abris de touteespèce,pour s’écarter momentanément pendant l’explosion.
Mais quand on aima des bombes, lancées droit au but commedes boulets de canon : ces bombes entreront dans le corps d’unvaisseau, où tout est entassé, vivant, combustible et fragile ; elleséclateront dans les membrures de ce vaisseau, et y ouvriront desbrèches immenses qui feront couler bas ; elles feront explosionau milieu des combattans et de l’artillerie; elles répandront detoutes parts des masses d’incendiaires en feu; elles rendront lesbatteries inhabitables par d’épais tourbillons de fumée. Peut-être qu’alors malgré de tels effets, de braves marins oserontencore les affronter, parce qu’ils savent affronter la mort; maisils périront, et le vaisseau sera englouti; ou plutôt on ne les con-duira pas à cet horrible combat, et la défensive étant plus forteque l’offensive, la mer ne sera plus aussi enchaînée.
CHAPITRE XLVI.
Un bâtiment armé de canons a obus et à bombes aura-t-ilau besoin la faculté de tirer des boulets massifs ?
Cette objection ressemblerait beaucoup à celle-ci : un ba-taillon armé de bons fusils, aura-t-il la faculté de tirer avec desarbalètes ? Cependant comme il faut répondre d’une ma-nière qui ne soit pas évasive, examinons quels sont les objets