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de navigation, il était indispensable de rechercher s’il n’existe-rait pas des moyens défensifs, qui pussent, en fortifiant les na-vires, assurer leur conservation $ car pour apprécier l’influenced’une arme nouvelle, il faut savoir si son effet ne pourra pasêtre paralysé.
Sans doute au premier aperçu , il doit paraître absurde devouloir opposer quelque chose de suffisant à la puissante actiondes gros projectiles de l’artillerie. On sait qu’un boulet de24 livres s’enfonce de trois pieds dans la maçonnerie, de quatrepieds dans le bois, de quinze pieds dans la terre; et des bombesfortes du calibre de 200, auront, sinon parleur vitesse finale,du moins parleur lourde masse, un choc encore plus redou-table. Cependant plusieurs faits autorisent à croire , qu’il neserait pas impossible de lutter contre ces chocs violens.
Occupé de celte recherche, nous avons fait en 1809, uneexpérience, dans laquelle un boulet massif du calibre de 24 enbonne fonte, et lancé presque à bout portant, avec la plusgrande vitesse, a été réduit à se broyer lui-même ; et d’autresessais ont montré, qu’il y a une extrême différence entre la ré-sistance d’un obstacle en matière inerte, dont les molécules nesont qu’agglomérées, et celle d’un obstacle convenablementconstitué et pour ainsi dire organisé (1).
Nous croyons donc possible de faire unearmure, qui ayanttoute la force nécessaire pour lutter contre les boulets de 24 etde 36 de l’artillerie actuelle de mer, ne serait pas tellement
(1) Plusieurs personnes ont travaillé sur celte matière; il en est question clansl’architecture des forteresses de Mandar; dans l’ouvrage publié sur les prames du gé-néral Darcon contre'Gibraltar ; dans l’ouvrage publié en Suède sur la fortificationpar Virgin, etc. M. Montgéry, qui s’en occupe également, nous a dit qu’aux États-Unis les Américains ont fait à ce sujet de récentes expériences.