FAITS POUR LES NOUVELLES ARMES. at . ydifficile de très-bien combattre, se borneraient, comme pour tousbâtimens, aux seuls instans de forte tempête ; et son actionà la fois économique et puissante recevrait une grande exten-sion (1). _
Outre les deux constructions qui viennent d’être décrites ,on pourrait (si l’on voulait avoir un bâtiment purement dé-fensif) essayer une batterie flottante, qui recevrait le mouve-ment peu rapide et peu fréquent nécessaire à sa destination ,soit par une machine à feu de force très-modérée , soit par unemachine quelconque mise en action par les hommes eux-mêmes de l’équipage.
Ce bâtiment , sans mâts ni voiles , ou n’en ayant que subsi-diairement en petite quantité, n’offrirait aux coups de l’ennemique sa muraille extérieure , qui serait forte et qui n’aurait pasune élévation considérable. Son armement serait entièrementcomposé de canons à bombes des plus gros calibres.
On sent combien une telle batterie aurait, par l’effet de ses
(1) U11 principe fondamental qui est aujourd’hui regardé comme base de l’art dela guerre est celui-ci : que la concentration d’un grand effet décisif est préférable àdes effets partiels disséminés , lors même que la somme de ceux-ci serait plusconsidérable. Or c’est précisément l’avantage qu’aura le nouvel armement proposé,ur l’artillerie actuelle de marine; car une seule grosse bombe fera contre un vais-seau plus d’effet que plusieurs obus, et surtout plus d’effet qu’un très-grand nom-bre de boulets massifs. D’un autre côté, nos petits navires auront aussi ce mêmeavantage contre les grands vaisseaux actuels ou à venir, quelque soit l’armement deceux-ci; puisque l’effet de plusieurs petits navires convergera contre na seul grand ,taudis que l’action du grand, et par conséquent le péril des petits, se dissémineronten divergeant. II semblerait au premier aperçu que la force est mieux concentréequand on la réunit sur de grands bâtimens; mais c’est 1 effet et non les moyens dont ils’agit d’obtenir la concentration , et ce serait le contraire du principe, que de con-centrer les moyens pour disséminer les effets