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Nouvelle force maritime, et application de cette force à quelques parties du service de l'armée de terre : ou essai sur l'état actuel des moyens de la force maritime; sur une espèce nouvelle d'artillerie de mer, qui détruirait promptement les vaisseaux de haut-bord; sur la construction de navires à voile et à vapeur, de grandeur modérée, qui, armés de cette artillerie, donneraient une marine moins couteuse et plus puissante que celles existantes; et sur la force que le système de bouches-à-feu proposé offrirait à terre, pour les batteries de siège, de places, de côtes et de campagne / par H.-J. Paixhans
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586 BATTERIES DE SIÈGE, DE PLACES,

son inexactitude inévitable, et pour aller tourmenter partoutl'assiégé, en brisant et en dispersant de toutes parts ses diversmoyens de défense (i).

Mais s'il est vrai que les projectiles creux sont ce qu’il y a deplus utile pour le tir à ricochet, il est vrai aussi : que les canonsne peuvent en lancer que du calibre tout au plus de 24 \ etque si les obusiers en usage de 6 pouces et de 8 pouces, ont lafaculté de lancer des pi’ojectiles creux des calibres de .82 et de80, ces obusiers n'ont pas assez de longueur pour tirer avec lajustesse désirable. Et d’ailleurs l’excentricité des obus de cesdeux calibres, et la pesanteur spécifique trop faible de ceux ducalibre de 80 (8 pouces) , sont des obstacles très - grands à lajustesse du tir (2).

Or, il est évident que les nouveaux obusiers de campagneallongés, seront en les tirant à faibles charges , des bouches à

( 1 ) Chacun sait que le tir à ricochet a été imaginé par Yauban. Lorsqu’il le proposa011 se moqua de lui , et on refusa même d’essayer. Yauban eut recours à l’autorité duministre. M. de Louvois le condamna. Ce fut le maréchal Catinat qui, juste appré-ciateur de Yauban , employa la force pour faire triompher la vérité. Le tir à ricochetmit aussitôt la défense des places dans un état d’infériorité dont elle n’est pas sortie.A quoi servent en elfet nos parapets épais comme des montagnes , depuis que le rico-chet va derrière ces parapets détruire l’artillerie de la place, les artilleurs , les travaux,les troupes , etc. ? Le ricochet ayant été admis , M. de Lafrezelière, officier d’artillerie,contemporain et ami de Yauban , pensa qu’on pourrait tirer les bombes à ricochetaussi bien que les boulets de canon ( à cette époque on n’avait pas encore d’obus ni deboulets creux). Plusieurs essais que nous avons cités au chapitre XXlII me . ont été faitsà ce sujet. Cormontagne et Bélidor s’èn sont particulièrement occupés. Et après ungrand nombre d’années , on fit enfin, pour pouvoir tirer les bombes à ricochet, lepremier obusier français, celui de 8 pouces , spécialement fait pour cet usage.

( 2 ) L’obus français de 6 pouces, qui a été fait par M. de Gribeauval , pèse les 23/32d’un boulet massif de même diamètre, ce qui est une densité suffisante. Mais celuide 8 pouces (qui est la vieille bombe de ce calibre ) ne pèse que 43/8o ; et celui de 2 j( qui est de fabrication récente) ne pèse que 1 3 / 2.4 ; de sorte que les trois obus français