DE COTES ET DE CAMPAGNE. 56 7
feu parfaitement convenables pour le tir à ricochet. Ces obu-siers-canons, à cause de leur grande longueur, de leur faiblevent, et de leurs obus lourds et concentriques, auront évidem-ment pour les batteries à ricochet, la supériorité sur les anciensobusiers courts. Et ils auront la supériorité sur les canons desiège : tant à cause de leur grand calibre, qui permettra de tirerde gros projectiles creux, qu a cause de leur poids, qui n étant pasplus grand que celui des canons de bataille, aura beaucoupmoins d’incommodité pour les transports et pour les ma-nœuvres.
Quant au tir des obus dans les terres des ouvrages de forti-fication pour y faire des fougasses : ce tir n’a point encore étémis en pratique d’une manière digne d’altention ; et il était dif-ficile qu’il pût l’être avec les moyens actuellement existans. Eneffet, il en est ici comme du tir à ricochet : si on veut produireles fougasses au moyen de boulets creux tirés par des canonsde 12, 16 et 2/f, ces boulets seront lancés juste et fort, mais ilsne seront pas d’un calibre assez grand pour contenir la poudrenécessaire à une explosion considérable; et si d’un autre côté,on veut employer les obusiers de 6 ou de 8 pouces, l’obus alorssera d’un calibre assez grand, mais la bouche à feu sera tropdébile, trop courte, et elle ne permettra pas de tirer avec d’assezfortes charges, pour obtenir la portée, la justesse et les enfonce-mens nécessaires. Les obusiers-canons, au contraire : étant lourds
des calibres de 24, 3 a, 80 , au lieu d’avoir une même densité, ont des densités très-différentes, qui sont dans le rapport des nombres i 3/?4 > ? - 3/32 , 43780, ou des nom-bres réduits : 87, 1 1 5 , 86 ; rapport qui ne peut avoir été motivé , puisqu’il n’est nicroissant ni décroissant selon que le calibre augmente.