4.2 BATTERIES DE SIEGE , DE PLACES ,une époque déterminée de la défense ; mais elle n’empêcheranullement, et même elle favorisera ce qui se fait habituellementcontre tout le courant des attaques, au moyen des mortiersetpierriers. Ainsi, la garnison emploiera toujours des petitsmor-tiers à obus et des pierriers, dans les saillans des chemins cou-verts, jusqu’à l’époque où l’on est ordinairement obligé de lesretirer de ces positions. Et de plus, nos casemates armées demortiers lanceront avec sécurité, avec lenteur, et avec les fa-ciles précautions nécessaires à la justesse du tir, des bombes,et surtout des obus, qui passant fort au-dessus du parapet desouvrages, ne gêneront en rien nos feux horizontaux ; et qui,tombant à chaque instant sur l’attaque, et éclatant au mi-lieu des travailleurs, causeront beaucoup de désordres, depertes d’hommes, et de retards dans les travaux.
Mais enlin, l’ennemi arrivera à l’opération décisive et indis-pensable d’établir ses batteries de brèche pour ouvrir la place.Supposons, par exemple, qu’il construise en haut du glacis dela demi-lune, la batterie qui doit battre en brèche cette demi-lune , et contre-battre la face du bastion qui est vue par la trouéede fossé. Cette batterie, étalée sur une surface fort longue et assez
parapet, et élantassez éloignées decette crête, Userait possibled’y établir sur des affûtsélevés, des canons qui tireraient sous les angles convenables pour avoir des ricochets; desorte que nos glacis seraient enfilés de près par des batteries à ricochet indestructibles. 11n’y aurait pas nécessité que le ricochet fut raide, et un simple ricochet plongeant se-rait ici d’un grand effet, avec des obus qui descendraient presque comme portés avec lamain derrière les traverses de l’assiégeant. L’effet serait très-grand en employant ainsiles obusiers de 8 pouces et 6 pouces , et en chargeant leur obus en plein. Cet effetpourrait devenir extrêmement considérable en employant de cette manière un canonà bombes, en fer, de grand calibre, tirant avec justesse des gerbes de mitraille plon-geante. Ce tir-ci dispenserait de tout le reste des feux d’artillerie et rendrait le glacisinabordable. Les propositions renfermées dans cette note ne sont peut-être pas in-dignes d’être examinées avec attention et d’être mises en expérience.