4 1 4 BATTERIES DE SIÈGE, DE PLACE,que l’inévitable dispersion de leurs projectiles sera plutôt unavantage qu’un inconvénient ; ces pierriers en effet, ne seront pasétablis sur le prolongement de la batterie de brèche à détruire,mais sous la casemate en capitale (Voyez planche septième.)', làils ne seront qu’à 40 ou 5 o toises du but, et ils tireront contre unemplacement où l’ennemi présente en foule ses travailleurs, sescanonniers et ses soldats ; d’ailleurs il ne serait peut-être pasdiflicile d’obtenir une mitraille verticale qui porterait plus loinet qui tomberait moins dispersée que celle des pierriers (1).
2 0 . L’effet des bombes sera : de disperser par leur explosionla terre des parapets et des traverses ; de briser les affûts et lesplates-formes ; de bouleverser le sol de la batterie ennemie ; defaire sauter les magasins à poudre; de tuer les canonniers; et derendre impossible tout blindage à l’épreuve (2). L’effet des obus
ort peut employer un affût semblable à celui qu’on voit à la planche cinquième. Untrès-petit nombre d’hommes pourraient manœuvrer par ce moyen les plus gros mor-tiers. Une expérience analogue a été faite avec succès par le colonel L.
(1) On dispersera beaucoup moins cette mitraille en mettant de grosses balles defer dans un cylindre de bois cerclé en forte tôle. J’ai fait cette expérience dans unmortier de 12 pouces , et elle a bien réussi. Une bouche à feu à mitraille plongeantequi serait très-redoutable, ce serait le gros canon à bombes en fer - on le placeraitenterré à demeure, avec l’inclinaison convenable, sous la casemate ou sous un blin-dage; sa longueur donnerait une grande justesse de direction, et empêcherait ladispersion des balles, surtout en employant une enveloppe autour de ces balles. Lepoids de cette bouche à feu permettrait de la charger d’un très-grand poids de projec-tiles sans éprouver trop de réaction.
(2) Les bombes tombant dans une batterie y sont si redoutables, qu’à Ciudad-Rodrigo , une batterie française, chaque nuit élevée à trois pieds au-dessus du sol,fut chaque fois détruite par les bombes , et cela pendant huit jours de suite , quoiquecette batterie n’étant point très-rapprochée de la place , et ne s’y présentant pointd’enfilade , offrît un but assez difficile à atteindre. Au siège de Sainl-Jean-d’Acre ,une batterie de onze bouches à feu fut entièrement bouleversée par le feu de troismortiers de la place. On pourrait citer beaucoup d’autres faits.