DE COTES ET DE CAMPAGNE. 4,5
sera semblable à celui des bombes , avec moins de violence à lavérité , mais avec une multiplicité et une continuité non inter-rompues y qui ne laisseront pas de relâche à l’assiégeant. L’effetdes pierriers lançant des pierres, ou celui des mortiers tirant degrosses balles de fer ou de fonte, sera de réduire l’ennemi : ou àperdre une grande quantité d’hommes s’il en tient beaucoup surles travaux, ou à rester trop faible contre nos sorties s’il veutéviter de trop grandes pertes. Mais ce qu’il faut surtout consi-dérer ici dans l’effet de la disposition proposée: c’est que nos feuxenfileront, envelopperont et accableront le logement en brèchede l’ennemi, avec une masse de moyens, qui loin d’être dispersésau hasard, convergeront précisément sur le point où l’assiégeantest indispensablement obligé d’établir ses travaux définitifs lesplus importans. Et si on examine ce que la place pourra lancerde bombes, d’obus et de mitraille, sur un espace tellement rap-proché et tellement circonscrit, on verra que la constructionet le service d’une batterie de gros canons sous un tel feu , de-viendra une opération impraticable. Voyez au surplus pourl’effet de l’explosion des bombes et des obus, les faits cités auchapitre vingt-troisième du corps de l’ouvrage.
3°. La durée des feux verticaux disposés comme nous le pro-posons pourra être fort longue : parce que ces feux ayant pourobjet spécial d’empêcher l’établissement des batteries de brèche,n’auront point été inutilement prodigués dans les commence-mens du siège (où ils seraient de peu d’effet) et auront été mé-nagés pour l’instant où leur effet sera décisif. Les feux verticauxseront employés en masse chaque fois que l’assiégeant voudra re-lever sa batterie de brèche; mais ils cesseront aussitôt qu’on auradétruit, ou qu’il aura interrompu volontairement ce travail. Laconsommation sera donc abondante , seulement au moment deproduire l’effet voulu ; mais elle sera rarement réitérée , car s’il