* 5)8
C A
toi: leur premiere idée , de se fairela guerre.
Les Grecs environnoient leurstamps tì’un foslé , ou tranchée ,nommée Sf vyy.u.> Homere , parledu camp qui íut formé devantTroye. Les Romains fortisioientaussi leurs camps. Mais ils n’excel-lerent en cela que depuis la guerrede Pyrrhus , & que maîtres dutamp de ce Roi, après la batail-le de Benevent, ils eurent eu lerems d’examiner les travaux desOrées , L de faire des réflexionsfur cela.
Depuis les guerres Puniques ,qui suivirent celle de Tarente , onleur vit des camps perfectionnésrie tant de travaux qu'ils n’avoientpas avant, qu’on ne put s’empê-cher de convenir que c'étoit desGrecs qu'ils dévoient tenir ces per-fections.
Leurs camps étoient des especesde forteresses Râbles. Ce n'étoientplus de ces camps mobiles , deces retranchemens formés avecdes chariots. Une armée Romaineavoit un camp d'une structure desplus solides. Elle ne combattoitqu’au-devant du camp , & en casde désavantage , elle trouvoit enlui une retraite capable de la met-tre en état de soutenir un secondcombat.
Le Soldat Romain étoit si labo-rieux , qu'il ne négHgcoit pas àchaque campement qu'iî faildit ,de fe former une nouvelle cita-delle. Les Romains avoient des€amps d'hyver , & des campsd'Eré.
Les premiers étant faits pourservir tant qu'un pays étoit à con-quérir , se construisoient d'une so-lidité parfaite. Les fortificationscn étoient de pierres & de bois.Les tentes de dedans étoient decette derniere matière, & la bon-
C A
té de ees camps & le long eípac*de teins qu’ils étoient habités »avoient changé en ville quelques-uns d’entr’cux.
Les camps d’Eté » faits pour neservir que peu de jours , & tantque l'on étoit en présence ou voi-sin de l’ennemi , étoient moinssolides. Un fossé de terre palissa-dé , quand on pouvoit avoir dubois à commodité , en faifoit laforce , & les tentes du dedans n'é-toient que de feutre ou de cuir.Enfin on étoit tellement persuadéque la sûreté d’une armée dépen-doit de la clôture de son camp ,que les Soldats n'auroient pas po-sé les armes pour passer une nuitfur un terrain fans le clorre de re-tranchemens.
Une conduite si sage & si pru-dente , qui fait que l'Histoire nenous offre que peu d'exemples d’ar-mées Romaines forcées dans leurscampemens , mérite bien d'êtresuivie par des Peuples de réputa-tion.
Les François accoutumés dansla Germanie , pays de leur pre-miere demeure , à ne se servirpour la íureté d’un campement ,que de ce qu’offroit le Heu où ilsse trouvoient,( comme des arbres,dont ils fe faisoient des retran-chemens en abbatis, ) étant venusdans les Gaules , ne prirent pasplus des usages des Romains furla maniéré de camper , que fur lamaniéré de s'armer , & de s'ar-ranger pour combattre.
Les autres Peuples, destructeursde FEmpire de Rome , en agirentde même. Ainsi peu à peu, la ma-niéré de camper à la Rom ainefut négligée , & presque abandon-née. On voit qo'Jîctila Roi desHuns » ayant été défait dans lesChamps Catalauniens ,aima mieuxfe reirancher avet les cadavres de