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Tome premier.
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«n met le vaisièau côté â traverspour le laifler aller à la dérive ,& le maintenir en un parage au-tant qu'il est possible , soit pendantun vent forcé & de gros tems ,soit de beau tems, quand la nuitou la brume surprennent auprèsd’une côte qu’on n’a pas encorereconnue , & où par précautionon ne veut aborder que ie Jour.Si le vent n'est pas forcé , onporte aussi la misene , & quel-quefois on y ajoute Partimon ;mais dans ìe gros tems on ameneles perroquets & les huniers pourdonner moins de prise au vent ;& si Porage est ft grand , qu’onne puisse plus capeyer , on fait lejet, & on met ie vaisièau à sec ,ie laissant aller à mâts & à cor-des.

CAPITAINE » en matière deguerre, a toujours signifié un Com-mandant ou un Chef de Troupes& de Soldats. La qualité de Ca-pitaine a été autrefois beaucoupplus honorable qu'elle n'est aujour-d’hui. Depuis Louis XII. jusqu'àHenri IV. les personnes les plusdistinguées par leur valeur dansles armées Françoifes , étoientnommées Capitaines. On disoit :le Capitaine Montluc , le Capitai-ne Charri, le Capitaine Lancques,&c. Ce nom n’étoit donné qu’àceux qui commandoient ou quiavoíent commandé des bandesd’Infanterie.

Dans les légions de six millehommes que François I. institua ,chaque Capitaine commandoit mil-le hommes. Ces mille hommesétoient partagés en dix bandes ,commandées chacune par un Of-ficier qui n'avoít pas le titre deCapitaine , mais celui de Centc-nier.

' Les Capitaines ont été un temsOu ils n'avoiçnt que deux grades

au-desius d’eux , Ie Général L fèsLieutenans, ses Mestres de camp»De plus , la force dont étoient lescompagnies, faisoit de ces Capi-taines ce que sont presque aujour#d’hui les Colonels.

On a Pexemple d’Officiers quiont commandé des corps de qua-tre à six mille hommes fous leseul titre de Capitaine . II est vraique de si gros corps étoient dctroupes étrangères , foi t Ecoílòis*Allemands , Suisiès, ou Italiens ,que des Gentilhommes de ces Na-tions amenoient au service deRois : ce qui a duré jusques sousLouis XI fX. que la Nation con-noissanc fa force, & sentant qu'eliepouvoit se suffire , ne s'est plussouciée d’avoir des Etrangers à fasolde , excepté les Suisses.

Dans les tems les plus reculésde notre ancienne Milice Fran-çoise , le titre de Capitaine n'é-toit point donné aux Officiersd’armée. Ceux qui commandoientsous les Comtes & fous les Ducsau tems de la première & secon-de Race de nos Rois, étoient lesViguiers & les Centeniers. De-puis l'institution de la Chevalerieavant Pbilippe-Auguste , les Che-valiers Bannerets avec le titre deBannerets commandoient les di-verses brigades de la Gendar-merie,

Mais quand nos Rois , outreles troupes de leurs vassaux, don-nèrent des commissions à quelquesSeigneurs pour lever des compa-gnies de Gendarmes » ces Sei-gneurs prirent alors ie titre deCapitaines » dans le sens qu’onlui donne aujourd'hui,

Charles VII. dans la réformequ'il fit de la Milice Françoise ,en instituant quinze compagniesd’Ordonnance , fit prendre Ie titredc Capitaines k ceux qui les com»Xh