Band 
Tome troisieme.
Seite
296
JPEG-Download
 

r-6 R E

fait cn Flandres & en Allemagne.Les principes en font diflerens, lesprécautions tout autres & cì'un dé*tail extraordinaire. C'estparticuliérement dans les retraites de mon-tagnes , où l'on pe :t plus aisémentqu'tn toute autre situation , em-ployer la ruse , le stratagème 8cles embuscades , contre lesquelleson doit être perpétuellement engarde , & qui sont p’us difficiles àdécouvrir dans les pays de hautesmontagnes . que par tout ailleurs ;& il y a plus d*art qu’on ne penseà les attaquer & i les former , &cn.ore beaucoup plus dans Tordrede l'attaque ; & comme ces sortesde pièges font difficiles dans Texécution, il faut encore choisir desgens capables , prudens , fermes,& d’un grand cœur. On dit queles Italiens y sont merveilleux , cequi faifoit que M. le Duc de Ven-dôme leur donnoit souvent cettefusée à démêler.

Les retraites d'armées dans leshautes montagnes ne sont qu'unebranche * mais des plu« délicates ,des plus curieuses & des plus sa-vantes de cette partie de la guerre;car Ton peut dire que la sciencedes retraite* , prise dans tous léscas particuliers , renferme presquetoutes les autres. Se retirer , c’estfuir » mais c'est fuir avec art , &un très-grand art. Quelle sublimi-té de génie , quelle étendue de con*noiflànces , de qualités acquises ànaturelles, ne faut-il pas avoir ,& quelle grandeur de courage ! quede rusos & d\mifices ne faut-ilpas employer dans ces sortes dic-tions ! car on peut dire que lesretraites d’armées renferment tou-tes les parties les plus sublimes desarmes, une profonde tactique , lesmarches , les paslàges des rivie- .res , cn un mot toutes les con- jnotflànce* , qui font les grands i

R E

Capitaines & les guerriers du pre-mier ordre.

II me reste à dire fur cet arti-cle » qu’il est souvint plus difficile& beaucoup plus glorieux de faireune belle retraite , lorsqu’on y estobligé par le grand nombre, quede vaincre Tennemi à forces éga-les. C’est • U qiTun brave Officierfait voir son habileté & son expé-rience , en ne s'ébranlant de rien,8c rassurant ses troupes par fa fer-meté & par son bon exemple ,donnant les ordres avec présencede’prir, les faisant exécuteronsconfusion, se portant avec vivacitéoìi e danger est le plus grand ,faisant marcher par rangs, les unspar les intervalles des autres, quifont fermes & éloignent Tennemipar un feu fait à propos : ensinprofitant du moindre avantage duterrein, pour lé retirer honorable-ment.

Quand Tennemi veut envelop-per , on doit faire faire un batail-lon quarté, & continuer à mar-cher très-lentement par Tendroitoti il paroît être le plus foible ,faisant tirer également & avec jus-tesse , soit par rangs ou par pelo*tons, de façon que Ton pttifiè faireun feu continue!. fans s'cn dégar-nir tout - à - fait. La piûparr desgens croient » que pourvu qu*ilsfafiènt faire un grand feu, celasuffit, sans sVmbarraíIèr de fesserqu'il produit, c’est une grande er-reur : car on ne doit s’attacherqu’à bien faire ajuster les Soldats,& à les faire tirer avec ordre , quiest le seul moyen de détruire con-sidérablement Tennemi , & de l'o-b’iger à quitter prise, IJ y a cer-taines occasions, où pour faire unfeu plus juste , Ton ordonne auxOfficiers subalternes , aux vingtplus anciens Caporaux ou Soldatsde chaque compagnie, de faire un