qui étoit allé Pattendre par un au-tre chemin , tombe sur lui, & luifait subir la peine de son impru-dence. Un Général avisé , pour nepoint tomber dans les embusca-des , envoye devant lui occuperles lieux difficiles , & les défilésdes bois , lorsqu'il y en a à tra-verser , & assure encore par der-rière sa retraite contre la poursuitedc Pennemi » en lui barrant leschemins avec des abattis d’arbres.
Au reste les occasions de surpri-ses & d'embuscades dans les re-traites font presque toujours com-munes à l'un & à loutre Parti. 1Celui qui se retire peut laisser der-rière lui des troupes dans des vallées propres à cela , ou dans descampagnes couvertes de bois ; &íì Pennemi tombe dans le piège »il peut revenir fur ses pas » &joindre ses forces à celles de sonembuscade.
Pour celui qui poursuit, il peutfaire prendre de Pavance à de bon-nes troupes par des routes détournées » pour couper Ic chemin à sonennemi » & Patcaquer de front ,tandis que Parmée qui le fuit Pat-raque par derriere.
Celui qui est poursuivi peut re-.marcher & tomber la nuit fur sonennemi dans le tems du sommeil ;& celui qui poursuit, peut aussi ,quoique fort éloigné de son adverfaire , lui dérober des marches, &le surprendre au paíîàge des riviè-res. Celui qui précedc tâche d'é-crafer les troupes dc Pennemi quipassent les premières . pendant quele reste en est séparé par le lit deia rivière ; & Parmée qui suit dou-. ble le pas pour atteindre ceux desennemis qui n*ont point encore dupastèr.
RETRAITE dans Us monta-gnes : La retraite de Philippe deMacédoine dans les défilés des
montagnes de Therme , est célé-bré dans PHistoire & digne d'ad*miration. Elle le seroic encoreplus, dit le Commentateur de Po-lybe , si les retrait;* des monta-gnes n'éioient les plus difficiles 8 cles plus dangereuses , & ces diffi-cultés empêchent toujours ou pres-que toujours les courses 8 c les ex-péditions dans les pays des mon-tagnes. La plupart des Généraux ,mcine les plus hardis , sentant ladifficulté qu'il y a de les faire ,malgré leur grand courage dontils sont assurés , nous font con-noître en nc tentant rien , qu’ilsnc font pas trop lûrs de leur habi-leté , dans cette façon de guerre :ce qui rend ces entreprises fortrares , & si l'on s'y engage, ccn'est guères impunément.
M. le Marquis de Fcuquieres futcapable de ces fortes de choses ,témoin ce qu'il a fait dans les Al-pes pendant le cours de la guerrede 1688.'* mais M. le Prince deCon», dans fa campagne de 1744*a été plus loin , après avoir sur-monté la nature > laquelle commede concert avec Pennemi, com-battoit contre lui , après avoirpousié ses conquêtes jusques à Co*ni, ne pouvant passer outre à causede la rigueur de la saison , aprèsavoir ensin fait démolir Démont,il a fait une retraite des plus bel-les ; qu'on lise ce que nous disentles nouvelles publiques de cettebrillante campagne , on y trouve-ra , comme dans ia retraite dePhilippe de Macédoine, des pré-ceptes , des leçons admirables , &des précautions d’un tour tout nou-veau : on y trouvera que le HérosFrançois ne le cède en rien auMacédonien dans cette partie dela guerre.
Les marches dans les monta-gnes , ne font pas celles que Poq