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flu’on entreprend : c'est de quoi netombent point d'accord les Auteursqui ont écrit du droit des Gens.
II faut que la probité & la gran-deur d’ame paroissien! dans touteaction humaine. II peut y avoirdes stratagèmes plus permis lesuns que les autres. Les plus grandsCapitaines ont pratiqué les pre-miers , & Annibal peut ctre re-gardé comme un de ceux qui ontle mieux réussi t n de semblablesmanœuvres.
Ce Général en fit une dans lesGaules qui a été souvent imitée »& qui le fera toujours, il avoir àpasse r le Rhône , & manquant debeaucoup dc choses pour tenterce passage en la présence d’unearmée ennemie dont il étoit ob-servé , il fit semblant de vouloirrelier dans son camp ; il y fitCaire grands feux 8c beaucoup dcbruit r cependant il décampa Januit, 8c en remontant le fleuveil Palla passer en un endroit où iljugea n’avoir point été suivi.
Cette feinte ménagée avec ha-bileté lui réussit ; cela lui donnale teins de construire tous les ra-deaux de passage dont il cut be-soin , & il évita par-là d'en veniroux mains avec des gens dont ilne connoislòii pas le fçavoir , &qu'il avoir intérêt d’éviter, pourn’être point arrêté dans ses des-seins.
Entre les bonnes qualités d’unGénéral, celle de fçavoir cacherses marches , & prévenir cellesde Pennemi , n’est pas des moin-dres- Par la on fatigue son enne-mi i on le déroute dans ses pro-jets t 8c en les lui faisant man-quer , on prend sur lui des avan-tages qu'il miroir eus , st l’on n'a-toit pas fçu ruser à propos.
L’armée du Duc de Saxe-W'ei-fliftr ayant assiégé tìníláck en Tau*
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née i6z8. les Impériaux s’avance-rent pour secourir ccue Ville. LeDuc de Weiniar de son côté , avecses Suédois & des François jointsà Jui , alla au-devant des Alle-mands. Les deux armées se ren-contrèrent au lieu appeilé JFitre/i-vfir. Les Impériaux arrivés lespremiers s'emparcn.nt d’une hau-teur qui leur auroit donné toutPavantage du combat, fans un firfctagême que !c Comte de Guébriant,qui ft:t depuis Maréchal de France,8c qui pour-lors étoit Lieutenantgénéral dans Parmée Suedoíle, pro-posa asin de déloger Pennemi defa hauteur.
Ce stratagème fut exécuté , 8ceut fa réussite. Ce fut de faire met-tre des tambours & des trompet-tes dans un bois voisin du lieuqu’on vouloir avoir. Au bruit quefirent ces instrumens militaires ,les Impériaux croyant qu'iis al-louent être attaqués du côté d’oiileur venoit ce bruit, y marchèrent.
Aussi-tôt qu'iis curent quitté leurhauteur » le Duc de Weimar s'ensaisit, & sçut par ce moyen se don-ner sur Pennemi le même avantageque celui-ci avoir d’abotd eu surlui. C’elfc Phistoire du Maréchalde Guébriant qui fournit le récitde ce fait.
Enfin les ruses dont on peut seservir en guerre , sont une des bel-les parties de cet art. De tousteins les plus grands Capitainess’en font servis , & elles ont beau-coup contribué à leur réputation.
Dolus an virtus , quis in hosterequirat ? I.V irg. Eneid. L. i. )
Un habile Général, entr'autresstratagèmes dom il use , épie lesoccasions où Pennemi court lacampagne 8c se disperse , pour en-voyer íur lui des détachemens dcCmleric ou d’Istfamcae, lui dref*