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Tome troisieme.
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fe des embûches bien secrettes auxpassages des rivières , aux gorgesdes montagnes , aux défilés desbois , fur les marais , & fur leschemins propres à ces entrepri-ses.

II réglé si bien ses marches ,«ju’il fond fur l’ennemi aux heuresqu’il mange ou qu’il dort. Si l’en-nemi fait des courses, il tâche del’attaquer quand il est fatigué d’unelongue marche , il surprend laqueue de son armée , & il lui en-levé , s’il le peut , les quartiersqu’il peut avoir séparés pour lacommodité du fourrage & desvivres. On trouve dans l’histoirede France , & dans des histoiresparticulières , tous les stratagèmesqu’ont employés nos plus grandsCapitaines,

Un Général qui est battu dansune affaire générale , peut rejettesson malheur sur la fortune , quoi-que Pan & la science aient le plusde part aux événemens des batail-les ; mais celui qui s’est laissé sur-prendre & qui a donné dans lesembuscades de son ennemi , nepeut point absolument excuser, safaute , parce qu’il pouvoir éviterd’y tomber par sa vigilance, & parle moyen de bons espions.

Outre les stratagèmes dont unGénéral peut se servir pour fairetomber une partie de I’armée deson ennemi, Sc même toute sonarmée entiere , dans des embus-cades , il y a encore différonsfiratagcmis pour surprendre unePlace.

On le peut faire , soit en y fai-sant entrer des Soldats déguisés ,soit en embarrassent les portes ,soit en se glissent par quelque lieumal gardé, par des aqueducs &des souterrains abandonnés , pardes embrasures trop baffes , pardes lieux qui patoissem inaceeslì-

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blés, par quelques portes masquéesd’une simple muraille , qu’on peutabattre facilement, par quelqu#sortie ou entrée de riviere , ou en-fin en se servant de quelque autredétour ou ruse, selon que l’occa-fion s’en présente.

De quelque maniera qu’on pro-jette ces sortes ("entreprises , ilfaut auparavant avoir bien recon-nu le dehors & le dedans de laPlace , les endroits par où l’onpeut s’y glisser, la force ou la foi-blesse de la garnison , en un mottout ce qui peut nuire à la surpri-se , ou la favoriser , de peur d’en-voyer à la boucherie ses meilleursSoldats ; car ce sont ordinaire-ment ceux-là qu’on choisit pour d#pareils desseins.

II faut fur-tout être bien aslùréque la garnison ne fait pas son de-voir ; que les corps de garde sontmal garnis ; que les Soldats s’enabsentent pour aller jouer ou boi-re ; que les Chefs sont négligensà faire observer l’ordre des gardes& des rondes ; que les portessont mal - gardées , ou qu’il y ^des lieux entierement négligés ,n’étant pas possible de surprendreune Place où les réglés sont exac-tement observées.

Si l’on peut surprendre une Pla-ce par une porte , on fait entrerauparavant, & à divers tems, de#Soldats déguisés en femmes ou enMoines : ensuite on fait marchéequelques charrettes chargées defoin , de paille , ou de quelqueautre marchandise , & l’on embar-rasse la porte en démontant uneroue , ou en tirant une cheville ,par le moyen de laquelle Paissieuvienne à se briser , ou enfin doquelque autre maniéré que ce soit.

Alors les Soldats déguisés se joi-gnant aux Conducteurs de char-rettes , lí » ceux qu’ot, peut avoiçD d iv,