XXII
A V A N T - P R O P O S.
leur tactique, qu’on met le lecteur militaire à Fabri des illusions ÔCen état déjuger sainement d’une question qui doit Fintérestèr. Et,quoiqu’on ne conseille pas d’imiter les Grecs ôc les Romains eû égardà Fordonnance de leur infanterie; leur histoire & leurs constitutionsmilitaires offrent encore d’autres objets dignes de nôtre curiosité &très propres à nous servir d’instruction. Qui est-ce qui n’admirerapas leur discipline, le choix de leurs soldats, leur castramétation,leur vigilance, 6c les mesures qu’ils prenoient pour assûrer la furetéde leurs camps & de leurs marches, leur frugalité 6c leur attention às’épargner un nombre infini des besoins qui accablent pour ainsi direaujourd’hui nos armées, les projets de campagne de leurs généraux,leurs ruses de guerre & tant d’exempies de fermeté, de présence d'es-prit & de valeur qff ils nous ont donnés? On ne regrettera sûrementpas la peine de méditer fur des objets de cette importance.
Pour revenir au but de ma préface, je poursuivrai à présent l’es-quiílè de mon travail. Les matières dont j’ai entretenu le lecteur,remplisient les deux premiers volumes de mon ouvrage. Je com-mence le troisième par Fliistoire des légions que César employa dansses guerres. Du temps de la République, la levée des légions se fitselon .les loix & avec toute la régularité qu’exigeoit un objet de cetteimportance. Des citoyens ambitieux & puisiàns se mirent dans la fuiteau deíïus des loix. Ils leverent des troupes selon leurs vues & deleur propre autorité, 6c se partagèrent entr’eux les armées que la Ré-publique n'avoit entretenues que pour la sûreté de F Etat. Césarcommença par s’attacher les légions des Gaules, 6c ses victoires lerendirent à la sin maître de toutes les forces .de Fempire. Avant