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Vol. I.
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EN ESPAGNE. Sect. J. 9

vaisseaux, afin de se donner une Flotte capable de tenir tête a celle desMar-seillois. La diligence avec laquelle on s’appliqua à cet objet fut extrême, &au bout de trente jours on en avoir fait douze, de ceux qu’on appelloit vais-seaux longs, & qui furent pour lors ce que font aujourd’hui nos vaisseaux de VeGuerre. II les fit monter par les plus braves Soldats de ses légions, & en Ch>donna le commandement à D. 6 ru tus, qui se montra bientôt avec cette petiteEscadre devant le Port de Marseilles, & fut sc donner par ses arrangemensune si grande supériorité fur la Marine de l’ennemi, qu’il vint à bout de rem-porter deux victoires navales pendant le cours de ce íìège.

Toutes ces importantes occupations ne le détournèrent cependant pasde son objet principal, qui étoit de porter la guerre en Espagne, & de ga-gner même de vitesse sur l’ennemi, en s’ouvrant les passages des Pyrenees,avant que celui-ci eût le temps de s’y établir.

Les Pyrénées, cette grande chaîne de montagnes, qui séparent 1 Espagnede la France, d’une mer à l’autre, étoiènt du temps de César beaucoupmoins pratiquables, qu’elles ne le font aujourd’hui. Annibal montra le pre-mier aux Romains la possibilité de les palier avec une grande armée; lors-qu’après avoir traversé l’Ebre au-dessus de Tortosa, il parcourut la Cata-logne & le Rouílillon, en combattant les peuples, qui s’opposerent a son pas-sage, & lorsqu’ayant franchi les montagnes, il descendit dans le Languedoc Poiybein.& tourna ses pas vers le Rhône. Les Romains ayant ensuite chassé les Car- Tite Liyethaginois del’Espagne, étudièrent avec grand soin les traces d’Anmbal, & s’ap- ^xxi.pliquerent à s’ouvrir des routes par ces Montagnes. Du temps de Polybe onvit déjà dans ces contrées des Colonnes milliaires érigées selon leur coutu-me fur les grands chemins, à une distance l’une de l’autre de huit ftades quireviennent à peu près à la mésure d’un mille Romain, ou de ces mille pas Pol y b ' IILmarqués fur ces Colonnes. On n’avoit cependant d’autre but pour lors,que celui d’établir la communication entre les arrnees qu on entretenoit enEspagne, & entre les villes alliées des Gaules, telles qu etoient Marseilles &cNarbonne. D’ailleurs toutes ces grandes arrnees que la République employatemps en temps, pour faire la conquête de ce pays, y furent transportées<se l’Italie par mer. Ainsi Scipion, Gracchus, Porcins Caton & ses au-ties embarquèrent ordinairement leurs légions dans quelque Port d Italie, &ayant navigué le long du Golphe de Gênes & de Lyon ( Jînus Ligujlicus& sinus Gallicus ,) ils les débarquèrent à Ampourias ou à Turagone , comme

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