GUERRE DE CÉSAR
neris hominum M ex Aquìtanis montanisque qui Gallium Provinciani attingunt ;postquam audierat Potnpeiurn per Mauritaniam cum legionibus iter in Iiispaniam fa-cere, confestimque esse venturum. J’ai rétabli dans le texte, ce qu’on a déjà lû dansla plupart des manuscrits cités dans les notes d’Oudendorp , le mot, pofiquam , qu’on nepeut omettre, fans troubler le sens, de même que le Chiffre M, qui a été indubitable-ment absorbé par le dernier m dans hominum } comme Daviíìus l’a déjà observé, &adhuc, au lieu de hinc qui dépare egalement la fuite du discours: on pourroit auíH lire:addidit his. Avec ces corrections toutes fondées fur les manuscrits, le passage de Cé-sar offre le sens le plus clair & le plus analogue au but de fa narration.
SECTION II.
e fut vers la fin du mois de Mars que Fabius partit avec Tannée, des
environs de Narbonne. De cette ville au Col de Pertuys il y a soixan-te cinq mille pas Romains, ou environ vingt & deux lieues à compter troismille pas fur une lieue, (I.) & nonante mille pas Romains ou trente lieues, delà jusqu’à Barcellone où passoit la grande route que les Romains avoient pré-parée pour l’ufage des armées. XI y a autant de Barcellone aux environs deLerida. Ainsi il eut un chemin, de quatre-vingt deux lieues à faire jus-qu’à Tendroit où il passa la Segre. A juger par la diligence ordinaire desRomains, (II.) il n’auroit pas été impossible qu’il eut gagné les bords de laSegre, déjà à la mi-Avril; s’il n’y arriva que vers la fin du mois, ce futfans doute par la raison qu’il dut s’arréter du moins quelques jours pour fefrayer le chemin par les Pyrénées que l’ennemi avoir occupées, &, qu’avantde passer la rivière, il fe vit obligé d’attendre la jonction des troupes qui leCí suivirent. Le Lieutenant de César s’approcha de la Segre dans le temps qu’onao. Avril, pouvoit encore la passer à gué en plusieurs endroits, & avant que ses débor-demens qui se font ordinairement dans les premiers jours du mois de Mai eneussent rendu le passage impratiquable.
César dit ici qu’iì s’étoit vu dans la nécessité de renforcer son armée, âcause du bruit qui s’étoit répandu partout, que Pompée avoit déjà gagnéavec ses légions la Mauritanie, & qu’il n’attendoit que Poccafion de les trans-porter en Espagne pour venir au secours, de íes Lieutenans. Comme àson départ de Brendes, Pompée s’étoit vanté qu’avec fa supériorité fur mer, ilréduiroit bientôt à rien les avantages, que César avoit remportés par terre,