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Vol. I.
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EN ESPAGNE. Sect. II. 41

aux quatre légions qui l’avoient suivi, & revint sur ses pas, ayant fait ainsi prèá de cin-quante milles d’une feule traite, environ en trente heures de temps. C’est dans ces deuxoccasions feulement, où César sans se servir du terme de justum //frdétermine le cheminqu’il a fait faire aux troupes dans un jour. Comme ce font des occasions extraordinai-res, on devroit plutôt en conclure, que file justum iter dénotoit une traite détermi-née , du moins n’alloit elle pas d’ordinaire à ces vingt ou a ces vingt quatre milles deVegece.

Je tire une plus forte preuve encore pour la vérité de mon observation, d un autre C*s.passage de César, dans le quel il raconte les circonstances de son départ des environs ^de Durazzo, après l’ecliec qu’il y avoir eílìiye. Ayant pris toutes les précautions pos-sibles, pour faciliter ía retraite, & pour la dérober a 1 ennemi, il quitta ion camp lematin de bonne heure. Il dit alors qu’après avoir fait la marche juste de cette journée,cotifeâo jujìo itinere eius diei , il avoir passé la rivière de Genusum, & gagné encoreavant midi, le camp qu’il avoir autrefois occupé près d’une ville nommée Asparagum.

Pompée le suivit de près, & fe campa en fa présence. Mais ce camp que César avoiratteint, après cette marche qu’il exprime par le justum diei iter , n’étoit pas à vingt millepas de celui qu’il avoit quitté; il s’en falloit bien même qu’il en fut a moitié che- ^

min ; par ce qu’on voit que l’après midi du même jour les soldats de Pompée, invites

par la proximité de leur ancien camp, invitati proxìmitate fuperiorum castrorum , fu-rent y chercher une partie de leurs bagages qu’ils y avoient 1 aillés. César profita de 1 ab-sence de la plupart des soldats ennemis, se ternit de nouveau en marche, & fit encorehuit milles de chemin, disant alors qu’il avoit double ía marche. Dupplicato eiusdiei itinere IIX. millia pajsuum ex eo loco procedit. Il est donc bien clair, que lejustum iter n’a aucun rapport, ni au temps ni à l’étendue du chemin, & que le lavant Cap 13 de

Schelius qui suivant l’idée qu’on s’est faite généralement des divers sens de cette ex- agmme

pression, évalue cette marche de César à vingt huit mille pas, n’a pas devine justecette fois.

Lorsque les bons auteurs latins veulent exprimer le nombre de jours qu une armeeemployoit dans fa marche, pour arriver quelque part, ils l’expriment ordinairement parcelui de leurs campemens. Quinis , undecim aut feptuaginta, ou aussi, quintis, un-decimis aut J'eptuagesimis castris exercitus eo peruenit. Varmée y arriva en cinq,

°n{e, Joixante dix &c. campemens. Cette maniéré de parler a du rapport à l’usage in-variable des anciens Romains, de ne palier jamais avec l’armée la nuit dans un endroit,fans y remuer la terre, & fans faire un camp dans toutes les formes. C’est pourquoi ilsfe mettoient ordinairement en marche avant le jour, quarta Vigilia, & il ne paroit pas,que fans un cas p re fTant, ils fissent de longues marches, pour avoir encore le temps d’exé-cuter les travaux usités pour leurs campemens. , xxvîii.

Tite Live dit encore, que Scipion après avoir chassé les Carthaginois de l’Espagne, £ h iSquitta les bords de la rivière de Boetis, & revint en soixante & dix camps à Taragone. uv.Ipfecutn cœteris copiis jeptuagefitnis castris Taraconem rediit , & quand le même Sci-