EN ESPAGNE. Sect. II. 45
ion camp. Mais il est dit, qu’aussitôt, que CeTar*arriva en personne à farinée, il s’a-vança jusqu’à la hauteur, où Afranius étoit campé, fans faire mention d’avoir passé uneriviere. Ce mouvement fe fit le matin de bonne heure : il resta encore tout le jourfous les armes, & fit creuser un grand & profond foíïe. Le camp d’où il partit, nepouvoit donc pas être fort éloigné de celui qu’il prit ce même soir. Fabius jetta deuxponts fur la Segre, dont l’un étoit à quatre mille pas derrière, & l’autre à la tête de sonc amp. César, bien qu’il approcha son camp plus près de l’ennemi, conserva pourtant cetneme pont, & s’en servit pour la communication avec le pays situé au delà de la ri-vière, si ce pont avoir été derrière la Noguera, il auroit été absolument trop éloignéde son nouveau camp. Toute la suite des événémens prouve clairement, qu’il ne l’é»toit pas & qu’on passa la Segre entre Lerida & la Noguera.
Des Ponts militaires des Romains.
(V.) pag. 30.
Lorsque Vegece nous parle des batelets faits d’un seul arbre qui suivoient ordinaire-ment l'armée íùr des chariots, pour en faire des ponts dans le besoin, il touche a un usagebien postérieur aux temps de César. Du moins nous ne trouvons pas dans ses Com-mentaires , ni dans l’histoire des autres Généraux Romains avant lui, qu’ils se soientjamais chargés d’un train de batelets, tel que Vegece les décrit, ou de Pontons com-me le font les nôtres.
II est vrai qu’Alexandre pour faire un pont íùr l’Hydaspe, fit couper des galères,les unes en deux, & les autres en trois Sections, & les transporta fur des chariots auxbords du fleuve; que les habitans de Tarente, suivant le conseil d’Annibal chargèrentleurs vaisseaux fur des voitures, pour les faire passer du port à un autre endroit dela côte; & qu’on a vû plus d’une fois des galères mises à sec, & transportées parl’Isthme de Corinthe d’une mer à l’autre. On fait encore, lorsque Trajan prépara lepassage du Tigre, qu’il fit venir des bateaux par terre de Nisibi à douze milles de soncamp; que César chargea fur des voitures, les barques que sis soldats avoient fabriquées,& qu’il les transporta à l’endroit, où il paííà la Segre. Mais tous ces exemples ne regar-dent que des cas de nécessité, & prouvent feulement, que c’étoit plutôt pour ne pasen embarrasser la marche des armées, que par ignorance, ou faute d’industrie, qu ilsn ont pas fait usage de ponts portatifs.
Céiàr, pour passer le Rhin, construisit ce fameux pont de bois, dont il expliquelui même le mécanisme. II auroit pu en faire un de bateaux, en ayant beaucoup à fa dis-position, & l’achever avec plus de facilité, & en bien moins de temps, mais, comme il leditlui même, il hsi parut plus digne de son nom, & de l’honneurdu peuple Romain, de traverserla «vière sor un pont solide, capable d’étonner les Allemands, & de leur faire conce-voir une haute opinion du savoir faire des Romains, que de fe servir de barques pourexécuter ce passage. II est vrai qu’il n’employa que dix jours à fa construction; mais,quelque court que fut ce temps, on voit bien qu’en d’autres occasions, où il avoit moins
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Lib. m.Ch. 7.
Arrien Ex-péd. d’Alex.Lib. V.Ch. 8-PolybeVIII. à Ufin.
Tite LiveLib. XXV.Ch. L.DionCafTilULib. L.Ch. i 2.Cas. de Bel,Civ. I. J 4.
Débet. Gai.L. IVCh. 17-