Band 
Vol. I.
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GUERRE DE CÉSAR

Voyez

il m.

5 X

liquum, omnibus arboribus longe lateque in finibus Majfilienfium excijìs & convecUs.Si on lit donc qu’Afranius & Petreius s’apperçurent du désastre arrivé au pont par lesclayes, & par l'ágger qu’ils virent flotter fur îa rivière, on reconnoit aisément, que c’é-toit la charpente de rechafsaudage rompu & disperse par le torrent, que le mot agger ex-prime ici. Il est évident que ce n’étoient pas des terres que les Généraux ennemis vi-rent flotter fur les eaux.

II paroit que les ponts fixes ou dormans, qu’on jetta fur les rivières de moindre con-séquence étoient tous faits dans le goût de celui que César jetta en dix jours fur le Rhin,& dont le mécanisme est connu par le détail qu’il en donne. Comme la construction deees ponts exigeoit néceflàirement plus de temps & de travail que celle des ponts mou-vans de bateaux pour peu que la rivière fut large & profonde, il est vraisemblable qu’onn’en bâtit que lorsqu’on manquoit absolument de bateaux, comme Hans l’occasionprésente. César essaya d’en jetter encore sur la Segre après la perte de ceux que letorrent avoit emportés, mais il n’en vint pas à bout, & il fut obligé de faire fabriquer desbateaux pour exécuter son passage.

On voit en pluíìeurs endroits des Colonnes de Trajan & deMarcAurele la représen-tation des ponts fixes ou dormans de charpente, dont les uns sont fort élevés au - des-sus de la surface de l’eau, ayant entre les pieux de la palée de bonnes contrefiches, quiles aident à porter le gros sommier, le tout bordé de poteaux d’appui&d’uneliíse entrelesquels les guettes font en forme de croix de St. André pour former les gardefous.On y en voit d’autres avec moins d’appareil, presqu’à fleur d’eau, n’ayant qu’un plancher,qui porte fur des chevalets, ou une elpece de tretaux, fans avoir de gardefous. Lesponts de communication pour les quartiers, qu on remarque fur les moindres ruifléaux,font tous faits avec beaucoup de solidité, & dans la meme forme que ceux des grandesrivières. J’ai fait copier quelques figures de ces ponts après celles de ces deux colonnes,pour en' donner une idée au Lecteur. Il nous suffit au reste d'avoir prouvé que Fabiusa fait en cette occasion des ponts fixes de charpente : il seroit inutile de vouloir déter-miner plus exactement encore leur forme & leur mécanisme.

(VI.) pag. zr.

Le técit des circonstances de cet evénement est renfermé dans ces paroles: Hueeunt quotidiana consuetudine congrejfœ pahulatonbus prœfidio proprio, legiones Fa~bianœ II. fiumen transissent, impedimentaque & omnis equitatus sequeretur , &c. Lesens est clair, mais comme on ne l’a pas saisi, dans toute son étendue, les commentateursont crû les manuscrits fautifs, & ont jugé néceflàire d’y suppléer par des changemens.César dit que deux légions de Fabius avoient eu la coutume de s’assembler chaque jourprès de ces ponts. Hue congrejfœ est rélatif à his pontibus qui a précédé. Elles s'ypostèrent pour soutenir les sourageurs qui avoient passé la Segre, fans y avoir un postefixe ; mais comme à présent, elles passèrent elles mêmes le pont pour servir de Vautrecôté de la rivière de protection constante aux gens envoyés au four âge, pabulatori-bus prsfidio proprio, 0 que par cette raifo-n on les fit suivre par tous leurs bagages.