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Vol. I.
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2.60 GUERRE DE CÉSAR

que du temps, que César employa à sa guerre contre Afranius: parcequecelle-ci étant terminée, il resta bien encore quarante 6c un jours en Es-pagne ; mais il n’eût besoin que d’un manifeste pour se rendre maître de laBétique 6c de toute la Province.

Le jour après la capitulation il renvoya quatre de ses légions en Ita-lie, chargées d’éscorter en même temps jusqu’au Var, les soldats d’Afra-nius qui n’ayant pas des possessions en Espagne, avoient reçu la permis-íìon de se retirer chez eux. Ces quatre légions destinées à former en par-tie l’armée qu’il vouloit opposer en Epire à Pompée, firent dans le tempsdes chaleurs la marche la plus longue, & la plus pénible par l’Espagne, laFrance 6c par toute l’Italie jusques dans la Pouille. Elles y arrivèrent vers1 automne, qui fut cette année fi malsaine dans ce pays, qu’une grande par-tie de- ces braves gens périt par des maladies, de forte que ces légions setrouvèrent très foibles à la journée de Pharsales. Ce grand détachementfait, il ne restoit en Espagne à César que deux légions, qu’il fit inces-sament marcher dans la Bétique ou f Andalousie, íous les ordres de Quin-tus Cassius. Pour lui, il prit le même chemin avec fix cens cavaliers, 6c fittoute la diligence possible pour y arriver au plutôt.

On fait que M. Yarron avoit le commandement de cette province de lapart de Pompée, 6c qu’au premier bruit des grands exploits de César en Ita-lie, il fit soupçonner par ses discours 6c par ses actions, qu’il étoit prêt àtrahir les intérêts de son bienfaiteur 6c à changer de parti. La résistancedes Marseillois, la jonction des troupes de Petreius avec celles d’Afranius àLerida, 6c les premiers succès de ces deux Généraux le détournèrent en-suite de ces idées. II fit pour lors de grands préparatifs de guerre. II as-sembla une armée de deux légions 6c de trente cohortes nationales, il fit desmagazins considérables, ordonna à la ville de Cadix la construction de dixvaisseaux, & de plusieurs autres, aux Magistrats de Hispalis; il amassa enfinde grandes sommes d’argent, fans épargner même le riche temple d’Herculequi étoit à Cadix.

Comme la Province, que César avoit gouvernée autrefois en qualitéde Préteur, marquoit plus d’inclination pour son parti, que pour celui dePompée, Varron n’osa se charger de la défense de ses frontières. II ré-solut d’abandonner tout le pays, 6c de se jetter avec toutes ses forces deterre 6c de mer, 6c avec toutes ses munitions dans l’Isle fur laquelle est fi-