EN ESPAGNE.
Se ct. IX.
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ils furent vaincus. César avoir trop d’avantages sur eux. Il testa maîtredes hauteurs, mais il ne put les empêcher de se rallier & de se retirer encorps d’armée, & quoiqu’il les poursuivit avec toute la vivacité que leterrein & les circonstances pouvoient permettre, il ne put gagner les de-vants; ils se dérobèrent à sa poursuite & tirèrent vers l’océan occidental jus-qu’à ce qu’ils parvinrent aux côtes du Portugal. La mer enfin eut été leterme de leur retraite & les auroit infalliblement livrés au fer des Romains,,fi le hazard ne leur avoir fait trouver fur la côte un grand nombre de bar-ques qui servoient à l’usage des habitans & fur lesquelles ils paíTerent dansune petite Isle inculte & peu éloignée du continent. A peine av oient-ilsachevé le trajet que César survint avec f armée. II sut contraint de s’arrêterfaute de batimens que l’ennemi venoit d’enlever. Cependant la petitedistance qui séparoit l’Isle de la terre ferme lui fit naître fur le champ l’idéed’y passer íìir des radeaux, & il donna des ordres en conséquence. L'Isleavoir fur ses bords du côté du continent des bas fonds qui s’étendoientfort avant dans la mer de forte que le passage lui paroissoit d’autant plusfacile, qu’il ne s’agissoit que d’une très courte traversée pour gagner ce basfonds, fur lesquels on se flattoit de pouvoir marcher sans danger jusqu’à.l’Isle même. On commença donc à effectuer le passage de cette maniéré,,& plusieurs soldats débarqués s’acheminoient déjà vers le rivage, lorsquela mer monta en très peu de temps au point que les radeaux furent emportés,par les torrens de la marée, & repoussés vers la côte avec les troupes quin’étoient pas encore débarquées. L’ennemi voyant le petit nombre desoldats débarqués, séparés du reste de farinée, les accabla aussitôt & les mas-sacra pour ainíi dire sous les yeux de César, qui se voyoit dans l’impolíìbi-lité de les secourir. II n’y eut qu’un seul soldat nommé Publius Sctevius.qui après avoir perdû son bouclier, tenta de se sauver à la nage (X). Cefut le premier échec qu’essuya César à la guerre. Sa précipitation & lasaute qu’il commit en négligeant de consulter les gens du pays fur la na-ture du trajet qu’il avoir à faire, paroissent lui avoir attiré ce malheur.
Après ce fâcheux événement César resta avec Tannée dans le mêmeendroit de la côte où il avoir tenté le passage. II n’avoit qu’à y attendretranquillement jusqu’à ce que la nécessité forçât Tennemi à íe rendre à dis-crétion. II en étoit sûr, attendu qu’il ne pouvoit se sauver de là: les petitesbarques dans lesquelles il avoir passé n étant pas capables de tenir la haute
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