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Vol. II.
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a 9 i MÉMOIRES SUR V A R M É E

de César elles étoient plus ou moins de cinq mille fantassins (I). Les Con-suls, avec ces armées de quatre légions &de dixhuit cens cavaliers ont entre-pris les guerres les plus importantes, 6c vaincu des nations supérieures ennombre & en richesses. Le Sénat ne laissa pas cependant d’augmenter lenombre des légions aussi souvent que les intérêts de la République l’exigerent& surtout lorsqu’elle fut attaquée en dissérens endroits & par des ennemispuissans & aguerris. C’est ainsi qu’on leva dans le temps de l’ancienne Répub-lique une armée de dix légions pour s’opposer aux Volsques 6c aux Latins,lil chip. comme Tite Live le rapporte ; 6c dans les guerres Puniques, il y eût en difíé-3 °‘ rens temps, dix neuf, vingt, & même vingt trois légions fur pied. Titeidem tiv. Live, après avoir détaillé Parrangement que le Sénat proposa pour la con-ch . a .' duite des armées & le gouvernement de chaque Province, pendant la fe-idemiiv. conde guerre Punique, détermine ordinairement le nombre des légions,XX xxvií si u on Y em pl°y a chaque année.

ch. 3 6. Toutes ces légions fe distinguoient entr’elles par les nombres ordinaux

qu’elles reçurent selon l’époque de leur création, comme l’obferve DionCassius. II y eut donc la premiere, la seconde, la troisième, la quatrièmelégion, jusqu’à la vingt troisième. En faisant le récit des événemens de laseconde guerre Punique, Tite Live parle de l’une ou de l’autre de ces lé-gions, selon qu’elles furent employées, ou qu’elleslui fournissent l'occasion del^xxix ^ es nommer. La douzième 6c la treizième légion resterent en Espagne, dansch. 2 le temps que Scipion se préparoit avec les autres à passer de Sicile en Afrique.De forte que toute la dénomination des légions n’avoit rapport qu’au nom-bre de celles que la République entretenoit en même temps, 6c en dissé-rens lieux.

En licentiant les légions après la guerre, les enseignes fous lesquelleselles avoient combattu, étoient rapportées au temple de Saturne, ou àl’Aerarium, d’où on ne les retiroit que lorsqu’à l’approche de nouveauxidemL^v. troubles, on levoit de nouvelles légions. Alors celle qui par rapport à l’époqueaî ’ a3 . ‘de fa création étoit appellée la Premiere reçevoit l’aigle consacrée à servird’enseigne à la premiere légion ; la seconde reçevoit l’aigle qui jadis avoitservi à celle qu’on avoit nommée la Seconde, 6c ainsi du reste.

On ne s’écarta de ces anciens usages que pendant les guerres civiles.Comme les chefs de parti levoient alors des troupes fans î’autorité dupeuple & du Sénat, les légions qui fervoient de part 6c d’autre n’avoient plus