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quels on gagne aujourd’hui des batailles, font ruinés & fondus par la victoi-re même. Des recrues les remplacent, mais l'expérience se perd avecles hom-mes qui font tués , & il n’en reste rien au corps que l’honneur & le souvenirde la perte qui l’a affoibli. Les légions de César au contraire battoient I’enne-mi, 6c ne perdoient que peu de monde. Toute la perte étoit du côté desvaincus. La conservation de la vie étoit l’effet & la récompense présentede la valeur, & de la bonne discipline. Mais revenons à notre sujet.
César étant arrivé dans fa province saisit avidement l’occafion que lesSuisses lui fournirent de faire la Guerre. Mais ne croyant pas son armée asseznombreuse pour exécuter les projets qu’il avoit en tête, il ordonna de gran-g desGau ^ es ^às dans la province Romaine, & lui même retourna en Italie pour yi«s iib. i. former deux nouvelles légions ; on les y leva avec tant de promptitude que
à 7- dans le même printemps il pût leur faire passer les Alpes avec les trois autres
L.i.ch.io. veilles légions, qui avoicnt eû leurs quartiers d’hyver à Aquilée. En mê-me temps il forma un corps de cavalerie de quatre mille chevaux que la
Province & quelques peuples alliés des Gaules lui fournirent. Avec ces íìx
légions & cette cavalerie il battit cette même année les Suisses, &c gagna lagrande bataille contre Arioviste.
Ces deux nouvelles légions reçurent le nom d’Onzieme & de Douziè-me. II les distingue lui même par ces noms lorsqu’il expose la disposition deCésdeiaG. j a bataille donnée contre les Nerviens dans la campagne suivante (IV). Hir-l.ii. ch.23. tius parle de l’onzieme légion vers la fin de la guerre des Gaules, commeibid. Lib. d’une excellente troupe qui étoit composée d’une jeunesse florissante & rem-viii. ch. g. j e bonne volonté. II dit cependant que malgré les huit campagnesqu’elle avoit faites pour lors, elle ne pouvoit pas être comparée à ces troisibid. tiv. 1 . vieilles légions, que César avoit trouvées dans les Gaules. La douzièmeà ' '' légion fut une de celles que César flt venir dans l’Italie, d’abord après avoirpassé le Rubicon. II se servit de l’une & de l’autre dans toutes les guerres,& les traita dans la fuite avec beaucoup de distinction, & comme devieilles troupes qui avoient eû le plus de part aux succès de la guerre.
On doit cependant remarquer que César donna à ses deux nouvelles lé-gions les noms de onzième & de douzième, tandis que nous savons quela République entretenois dans ce temps plus de vingt & une légion (V)au nombre desquelles il paroit qu' il a dû y en avoir dejà une onzième &une douzième, s’il est vrai qu’en leur imposant des noms, on n’observât que