3 o4 MÉMOIRES SUR L' A R M Ê E
Sueton.c«r. & le revêtit de tous les privilèges attachés à cette milice. C’est cette fa-du 24. meule légion dite Alauda , que César ne nomme pas dans ses commentaires,& dont je crois avoir découvert les traces dans son récit de la bataille contreAriovifte. II y dit, que n’ayant pas assez de troupes légionaires à présenterà l’ennemi dont l’armée étoit beaucoup plus nombreuse que la sienne, il se ser-vit pour lui en imposer d’un corps d’alliés, qu’il rangea sous ses yeux le longdes rétranchemens de son autre camp. Ariovifte accoutumé à la guerreCe'sar de la avec I28 Gaulois n’auroit pas pris le change, & les auroit aisément reconnusGaulois l! si l’armure & l’ordonnance de ces Gaulois ne les eut pas fait parfaitement1. Ch. ji. re ssembler aux autres légionaires.
On [détermina ordinairement dans les décrets du peuple ou du Sénat lenombre des légions dont on donna le commandement aux gouverneurs desMr.ieBwu, p rov i nC es, mais on n y fit jamais mention de cavalerie. Cependant il n’yÌe'gîon.tom! en eut plus d’attachée à chaque légion comme du temps de l’ancienneMem^nn République, & lorsque les chevaliers Romains formoient cette milice,script. P 45. S’il s'en trouvoit encore dans les armées, on leur donnoit des chargesGravîus plus honorables que celles de simples cavaliers. Pour se procurer donc lad sccc Ia du " cavalerie nécessaire, on laissa aux Gouverneurs le foin d’en lever dans latrésor, des Province, autant qu’il en falloit, ôc si elle ne pouvoir pas en fournir suffi-* nt,q ' Rom 'sament, on avoir recours aux alliés, qui par l’envoy de plus ou de moinsd’escadrons qui étoient pourtant à la solde de la République, s’acquittoientde certaines obligations qu’ils avoient contractées (II). La dépense qu’exi-geoit leur entretien, étoit en partie à la charge de la province ; si cepen-dant cette dépense excédoit ses facultés, on la portoit alors fur les régistresdu Questeur, qui en faisoit les frais aux dépens du trésor public.
César avoit à peine mis le pied dans la province, qu’il fit de grands ef-forts pour rassembler une nombreuse cavalerie. Comme celle qu’il pouvoittirer du pays ne répondoit pas à ses vues, il en leva chez toutes les nationsGauloises avec lesquelles la République étoit en alliance. II lui importoitbeaucoup de s’en pourvoir, ayant le dessein de faire la guerre aux Gaulois,Cés de n g. dont les principales forces consistoient en cavalerie. Le corps qu’il avoitl!x. formé d’abord au commencement de la guerre montoit à quatre mille che-vaux. C’étoit déjà une cavalerie très formidable eû égard à son infan-terie , qui n’étoit alors que de six légions. On voit cependant qu’il ne fefioit pas encore assez dans fa premiere campagne à la nouvelle cavalerie Gau-loise,