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MÉMOIRES SUR V ARMÉE
Les Magistrats provinciaux, instruits d’avance des secours qu’ils s’étoient engagesde donner à la République, s’appliquoient en temps de paix à exercer & à diíciplinerleur jeuneílè, & l’avantage d’avoir fait quelques campagnes dans la cavalerie donnoitaux jeunes gens le droit aux employs les plus honorables. D’ailleurs l’art de monter àcheval fut de tout temps en grand honneur chez les anciens, & il y eut, presque danstoutes les villes municipales, des cirques destinés aux courfes^de chevaux, où la jeu-neílè s’exercoit.
lire l-ive Scipion l’Africain imposa aux Siciliens pour son expédition d’Afrique, la charge de
L. XXIX. f oumir tro j S cens cavaliers armés & équippés. Mais il dispensa les cavaliers de lesuivre & ne garda que leurs chevaux, qu’il donna à trois cens jeunes Romains choisispour cela. Cependant avant de les faire aller à la guerre, il engagea ces mêmes Sici-liens à instruire les Romains dans l’art de monter à cheval & à les dresser à toutes lesévolutions de la cavalerie. Scipion regarda la valeur comme la principale qualité du ca-valier & la préféra à tout l’art des Siciliens. Il paroit pourtant que les Romains en met-tant toute leur confiance dans l’infanterie, négligeoient souvent le service de la cavale-rie, & il ne íemble pas qu’une cavalerie ramaflee à la hâte pût être d’un grand usage.
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Ce fait prouve incontestablement que la méthode d’attacher de la cavalerie à chaquelégion, & de la composer de Chevaliers n’avoit plus lieu, puisque César n’en avoitpas même pour s’en faire escorter dans cette entrevue.
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On remarque qu’il y eut dans toutes les armées dece temps des Cretois, & des Ba-léares. II est probable, que les troupes armées & exercées à la maniéré de ces insulai-res en reçurent la dénomination fans qu’il fut nécessaire qu’elies fuílent toutes composéesdes gens nés dans ces Isles. César tira ses archers des Gaules, où il s’en trouva alorsun grand nombre, comme il le dit dans ses commentaires. Ces troupes formoient en-semble ce que les historiens expriment par levis armatura.
SECTION IV.
L a paix étant établie dans les Gaules après huit ans de guerre & de trou-bles , César refta sans occupation à la tête d’une armée formidable deplus de dix légions. Le Sénat voyant alors tant de forces entre les mainsd’un particulier dont on se défioit, craignit pour la liberté, & Pompée ja-loux & se croyant plus puissant qu’il nel’étoit en effet, conçut le projet d’obli-ger César de gré ou de force à se démettre de son commandement, & àrentrer dans la classe des autres citoyens. La premiere démarche parla-