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Vol. II.
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DE CÉSAR . Sect. IV. Zn

quelle il crut devoir entamer sa puissance, fut de moyenner un decret duSénat qui ordonnât à César & à Pompée de donner chacun, une légion deleur armée, au Proconsul Bibulus occupé pour lors à faire la guerre auxParthes qui après la défaite de Crassus faisoient les maîtres en Asie. Le pré-texte étoit plausible, parceque comme tout étoit fournis & tranquille en Eu-rope, les armées de l’un & de l’autre étoient dans des lieux, où elles se trou-voient, plus à charge qu’utiles à la République.

Nous avons vû que des trois dernieres légions que^César leva dans laGaule Cisalpine, il y en eut une toute composée de recrues destinées autre-fois pour f armée de Pompée. Comme celui-ci en la lui cédant s’etoit ré-servé ses droits fur elle, il la réclama fous le prétexte de renvoyer à Bibulus.César auroit eû mauvaise grâce de s’y opposer. II la fit donc partir de sonarmée, accompagnée d’une des siennes, en conséquence des ordres du Sé-nat. On fait, qu’au lieu d’envoyer ces deux légions à Tannée de Bibulus enAsie, le Sénat les retint en Italie, & en donna le commandement à Pompée,afin de s’en servir pour protéger la ville de Rome contre les entreprises deCésar.

Ces deux légions étoient la quinzième & 1a seizieme de l’armee de Cé-sar. Lorsque Pompée s’en empara il changea leur dénomination. Cellequ’il avoit toujours regardée comme la sienne, fut appellée la Premiere,ayant été levée la premiere en son nom, depuis que le peuple lui avoit décernéle Gouvernement de l’Eípagne. La quinzième de César reçut le nom de laTroisième, parcequ’il y en avoit déja une qui portoit le nom de Seconde.Pompée y en joignit encore deux autres, formées,en Italie lors que CésarPenvahit, & ce font les cinq légions avec lesquelles il passa de Brindes enEpire.

On voit donc clairement en cette occasion que les chefs de parti, en semettant à la tête des armées prenoient ia liberté de changer même les nomsdes légions, & d’anéantir à cet égard tout leur rapport avec les autres trou-pes. Pompée prétendoit encore que íes légions formoient la feule & la vé-vitablc armée de la République, & que le Sénat ayant déclaré César ennemide la patrie, avoit cassé par cela même ses troupes. II semble au restequ il ne donna des noms aux nouvelles légions, qu’après la perte de celles quefes Lieutenants avoient commandées en Espagne} fi elles avoient encoresubsiste, Pompee ne les auroit pas nommées premiere ôc seconde légion,

Ces. de la G.des GaulesL. 8- ch.54.