Sect. P”.
DE C £ S A R.
313
César fidele à son plan augmenta son armée à proportion des succès qu’ileut. Gabinius & Domitius Calvinus furent chargés du foin de faire des levées c ' s - G - c -ôc d’enrôler jusqu’aux soldats même de l’arméede Pompée, quin’auroientpas *de la répugnance à se ranger sous ses drapeaux. A peine Domitius Calvi- Guerrenus en eut il formé la trente-íixieme, la trente-septième & la trente huitie- d ’ Alex - cK -me légion, qu’il marcha à leur tête dans la Syrie, pour contenir cette Pro- 9 ‘vince dans le devoir. Comme il se vit bientôt dans la nécessité d’en envo-yer deux à César en Epypte, il leva encore, pour les remplacer la trenteneuvième afin d’être en état de s’opposer aux entreprises de Pharnace. II yeut ainsi neuf nouvelles légions de levées après la bataille de Pharfale, ôcc’eít aussi la derniere augmentation dont nous ayons connoiíïànce (IV).
Jamais avant César, une armée Romaine aussi nombreuse, ôc aussi formi-dable ne s’étoit trouvée fous les ordres d’un seul Chef. L’entretien de trentesept légions coûta de grandes sommes. Mais César y fit contribuer tout l’em-pire, & ne fit pas moins paroître son industrie dans la maniéré dont il amassacet argent, que dans femploy qu’il en fit.
Autrefois la paye du íòldat légionaire n’étoit que de cinq as par jour,
& ce ne fût qu’en certaines occasions, ôc pour un temps limité, que le Sénatl’augmenta. César ayant le dessein de s’affectionner les troupes, ordonnaque dorénavant le soldat de quelque légion qu’il fut, reçût pour toujoursle double de l’ancienne paye. Cette ordonnance eut force de loi, Ôc de-puis ce temps le soldat Romain eût dix as par jour (V). II y a un moyen trèssimple de trouver le rapport de cette paye avec notre monnoye. Mal-gré l’empire du temps nous conservons encore dans nos cabinets desmilliers de ces pieces d’argent, qu’on nomma deniers frappés du temps mê-me de César, tant avant cette époque qu’après; nous voyons doncqu’un denier de ceux que nous appelions médailles consulaires, ôc qu’onévalua constamment à íeizeas, est à une petite différence près la huitième partied’une once poids de Cologne, ce qui revient selon notre monnoye à la valeurde quatre gros (VI). La paye du soldat légionaire montant à dix as parjour, se réduit donc selon cette donnée à deux grosfix fennings de notremonnoye, de forte que son entretien coûtoit à la République environ qua-rante écus par an, & celui de toute la légion forte de cinq mille hommes, àdeux cens mille ; en y ajoutant les payes plus fortes des officiers à proportionde leur rang, les frais de 1 équipage, du chariage ôc de tout l’attirail qu’exi-
Ss L