Band 
Vol. II.
Seite
343
JPEG-Download
 

AVEC LES ANNÉES JULIENNES.

343

Alexandre Farnéfe, ce qui les a fait appeller Fastes Capitolins. On fait que les nomsdes Magistrats, & les époques des guerres, des triomphes & autres evenemens remar-quables depuis Tannée de Rome i z o jusqu’à lan 765 font gravés fur ces tables, & quedes Savans distingués parmi les modernes, tels quOnuphrius, Pighius, Sigonius &d’autres fe font servis de ces précieux monumens de 1 antiquité pour former d après leursindications la fuite des Consuls & toute Tancienne chronologie de Rome. Scaligerprétend que Tordre des temps répond dans ces faites au calcul de Caton Tancien dontDenis d’Halicarnasse dit, qu’il fut le premier qui après avoir consulté les registresdes Censeurs en déduisit la véritable année des premiers Coníuls & de la fondation deRome. Mais cette supposition de ce savant est destituée de tout fondement, com-me le père Petau Ta très bien prouve',

D’ailleurs ces tables de marbre n’ont pas été des monumens publics, dont I’autoritefut généralement reconnue. Polybe , Tite Live & les autres historiens en différent enplusieurs points, & nous savons par Suetone, que certain Grammairien, Verrius Flaccusavoir rédigé pour son propre usage lesFastes de Rome & qu’après les avoir fait graver furdes tables de marbre, il en avoir revêtu le pan d\ine muraille de fa maison. On a cruque les débris de ces mêmes tables, qui sont au Capitule, sont celles dont parle Suetone,& plusieurs Auteurs modernes les appellent par cette raison, Fastes de Verrius.

L’époque de la fondation de Rome que Varron a débrouillée félon Plutarque, a plusde droit à nos lustrages. Ce Romain avoir étudié cette matière avec une attention in-finie, & ayant été à même de consulter les Annales des Pontifes, lesFastes & les autresmonumens publics de son temps, il étoit par conséquent moins dans le cas de fe tromper,que les auteurs modernes qui manquent de ces secours. On fait encore qu il fut aidédes lumières d’un habile mathématicien nomme Tarrutius, dont Cicéron *) parle com-me de son ami, & dont il exalte le grand mérite pour la chronologie. Selon Censo-rin auteur très instruit du 3 me Sieclequi a adopté fa chronologie, Varron avoit déduit lafuite des Consuls d’année en année & avoit pouffé son travail & son exactitude jusqu acompter même les jours. Mais rien ne prouve mieux la vérité du système de Varron quele travail des astronomes qui ont calculé quelques éclipses dont les anciens auteursont marqué Tannée & la date, & dont on trouve que le calcul répond exactement à ce-lui qui fe fait d’après les années de Tépoque Varronienne, comme on peut le voir dansTouvrage du Pere Petau.

L’objet de ma dissertation n’est pas d’entasser les différens argumens qu’on allègueordinairement en faveur de Tépoque de Varron. II suffit d’avoir rendu raison pourquoije 1 ai préférée à celle de Caton ou plutôt à celle des Fastes Capitolins. Fai été d’ail-leurs dans la nécessité de débuter par Texposé de Tordre chronologique des années, avant

*) L. Tarrutius Firmanus famtlìaris nojter quìbus eam a Romulo conditam accepimu *, Romam-inprimis Chaldaicis rationibus eruditus , urbis que, cum in jugo ej[et lutta, conditam dicebat.ttiam aostrar natakm repetebat ab iis Parilibus

17111e chap.des illustresGrammai-riens.

Dans la viede Romu-lus.

tib. 2. dçdiuinatione.

De doctrinaremporum

Liv. VI. ch,i 6.