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Vol. II.
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354 RAPPORT DES ANNÉES ROMAINES

Mais ne seroit-on pas autorise' à révoquer en doute l’exactitude de Tite Live dansTindication de la date de cette éclipsé solaire, ne le soupçonneroit- on pas de savoirconfondue avec une autre qui eut lieu Vannée suivante ; lorsqu’on voit bailleurs queles caractères du temps qu'il indique en rapportant les evenemens de la seconde guerrePunique, répondent assez bien aux saisons & à la fuite naturelle des mois dans l’annee,& qu’ils ne prouvent rien moins que ce prétendu dérangement du Calendrier qu on dé-duit de la double date de 1 éclipse?

Tite Live s’exprime ainsi au commencement du 2 2 Liv: Jam ver appetelat, cumAnnibal ex hibernis movebat: Le Printemps approchoit dé/a quand Annibal quit-ta J'es quartiers d'hyver; & il ajoute. Per idem te/npus Cn. Servilius Romae Idi-bus Mardis Magistratum iniit: Dans le même temps C. Servilius entra en charge àRome le l $ Mars. Selon M. la Nauze ce ij Mars de i’anne'e S 37 de Rome seroittombeau 2. Novembre: mais qui ne voit que Tite Live ashgrie ici au Printemps lemois qui lui convient & qu Annibal ne quitta pas ses quartiers d’hyver au mois de No-vembre ?

Je me dispense d’alle'guer d’autres exemples que combattent formellement ce désor-dre extraordinaire des mois. On en trouve un grand nombre dans la lettre dTsmaelJsullialdus à Jean Frédéric Gronovius insérée dans le 7. volume de sédition de Tite Liveque Drakenborg a publiée. II s’ensuitdoncquela méthode de M. de la Nauze qui se fondeen partie sur ces circonstances, n’est ni sûre, ni fort propre à fixer les époques. Cepen-dant il y a encore d’autres raisons qui en prouvent ì'iníuhilance.

Le même Tite Live expose les mésures que Numa, lors de la formation de son nou-veau Calendrier, avoir prescrites pour empêcher que le jour surnuméraire dans chaqueannée, ne troublât le rapport nécessaire entre les années communes & les années solaires.Il dit que ce législateur avoit fixé un période de vingt quatre ans, au bout desquels mo-yennant les intercaladons des mois, & la juste dijpenfatìon des jours superflus CannéeRomaine a du répondre au cours de Soleil. Voici les paroles de fauteur: Atque om-nium primum ad cursum Lunce (Numa) in duodecim menj'es dejcribit annurn, quem( quia tricenos dies singulis menfibus Luna nonexpiet, defuntque dies folido anno quifiolfiitiali cìrcumagitur orbe ) mtercalaribus menfibus interponendis ita difpenjavit , utTite tive IV. & yigefimo anno ad metam eandem Jolis, unde orfi estent, plenis annorum om-Lîv. I. nium fpatiis, dies congruerent. Macrobe sert de commentaire à cet exposé, en expli-£h XIII. quant soigneusement la maniéré dont on s’y prit à l’exemple des Grecs, pour faire écoulerces 24 jours superflus dans l’intervalle d’autant d’années. II conste donc que les Ro-mains n’ont pas négligé de rémédier au désordre que ce jour surabondant en chaqueannée auroir causé dans une longue fuite de temps, & que ce déplacement des mois dontMr. de la Nauze trouve la raison dans l’opiniatreté des Komams, à laiiler subsister ré-gulièrement ce jour dans leur calendrier, est imaginaire ou au moins très exagerée.

Cicéron dans íes livres des loix qu’il avoit composes avant la reforme de f annéefaite par Jules César, exige d’usl législateur une attention particulière pour le calendrier