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Vol. II.
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AVEC LES ANNÉES JULIENNES. 355

& pour les intercalations, afin que le cultivateur soit en état de distinguer le temps deson travail & que les sacrifices pour les jours de fêtes puiíiènt se faire dans leurs saisons.Numa y avoit sagement pourvu, dit-il, Ù ce ne fut que dans les temps postérieursque les Pontifes le négligèrent. II est donc évident que dans les premiers temps de laRépublique, on ne perdit pas de vue les intercalations néceíìaires pour l’observation dessaisons, & que ce ne fut que lorsqu’il y eut des fermiers, & que les Pontifes abusèrentdes droits de leurs charges, qu’on s’avisat de brouiller & d’intervertir Tordre des jours.

ITusage d'intercaler un jour austi souvent qu’un jour de marché, tombe aux Calen-des ou au Nones du mois: cet usage dis-je attesté par Macrobe & qui a dû souventavoir lieu, combat également la prétendue régularité du calendrier, & Palteration ex-traordinaire des mois qui en seroit resultée.

Caton qui mourut vers l’an 604 de Rome, prouve d’une maniéré irréfragabledans son ouvrage sur Tagriculture qui nous est parvenu, Tordre naturel des mois de sontemps. C’est pourquoi le savant Académicien ne pouvant se refuser à l’évidence, ra-mène par son calcul Tannée de Caton à son véritable rapport avec Tannée solaire. Maisest-il probable que ce vieuxRomain, témoin d’un renversement íì prodigieux du calen-drier, ayant à parler des travaux rustiques attachés régulièrement à chaque mois, n’eutpas fait des exceptions pour le cas ou les mois n’auroient pas répondu aux saisons;vû surtout qu’il poulie Texactitude au point de faire une distinction entre les travaux desannées communes & ceux des années intercalaires.

Il est donc bien plus probable que ce fut dans les premiers temps de la République,lorsque les loix étoient en vigueur, & que les premiers hommes d’état exerçoient Ta-griculture, qu’on observa les intercalations prescrites & alors néceíìaires pour fairetomber les mois dans leurs saisons. J’ai déja dit que Cicéron 1 atteste expressémenten attribuant les désordres du calendrier à la prévarication des Pontifes dans les tempspostérieurs, & à cet égard le témoignage de Cicéron prévaut incontestablement fur celuide T Académicien.

Tous ces argumens que je viens d’alleguer prouvent de concert & incontestable-ment, que Tintercalation alternative & régulière des mois nommés Merkedonius, n’a étéinterrompue en aucun temps de la République, depuis Tépoque des loix des XII. tablesjusqu’à la réforme du Calendrier, & que toutes les intercalations extraordinaires dontThistoire fait mention, ne regardent que les jours surnuméraires, qui par l’excédent d’unjour par an s’étoient multipliés au point de troubler le rapport naturel entre, les, mois &les saisons.

Après avoir revendiqué ainsi les mois intercalaires que plusieurs savans ont préten-du retrancher des dernieres années de la République, & établi de cette maniéré la for-me & la durée de ces années, il me reste encore à déterminer le nombre des jours queCésar fit écouler dans Tannée de confusion pour pouvoir marquer avec précision le rap-port des dates indiquées par Thistoire, avec celles de l’ére Julienne.