Band 
Vol. II.
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LES CESTES DE JULES AFRICALN..

L’art de la guerre, dont plusieurs auteurs ont écrit, est d’un détail im-mense de exige de grands foins. II faut qu’un Général sache choisir deslieux commodes, sains de où il y a de seau, pour y placer son camp;qu’il ne manque pas de se saisir des hauteurs qui font à fa portée, de defaire de bons retranchemens, qu’il sache arranger ses corps de garde devantle camp, ses piquets de nuit, fes grand-gardes de cavalerie de ses pa-trouilles, qu’il aille lui même reconnoître l’ennemi, qu’il faste des déta-chemens, soit pour aller au fourage, soit pour dresser des embuscades. IIfaut encore qu’il veille au bon état des armes de fes troupes, qu’il ne négligepas le détail des hôpitaux, ni des remedes nécessaires à la guérison des mala-des. II faut surtout encore, qu’il se défie généralement de tout ce qui vientde l’ennemi. Ce qu’il fait ouvertement n’est pas ce qui embarasse unhomme habile, de qui a lû l’histoire, c’est contre les manœuvres sourdesqu’il faut se métré en garde.

On a de bonnes thériaques dont on se sert pour guérir les blessures desfléchés envenimées. II y a un semblable remede contre l’effet des eauxinfectées, mais il vaut mieux défendre aux soldats d’en boire, dès qu’on s’enapperçoit par le goût salé qu’elles conservent. S’il y a dans le voisinage ducamp quelque forêt épaisse, il faut d’abord l’éclairer, de même la coupers’il est nécessaire, pour empêcher que l’ennemi ne s’y cache: on fait aussipar une longue expérience qu’il faut se défier des bons pâturages qu’on ren-contre.

Un bon Général doit encore étendre ses foins fur ce qui regarde la sub-sistance de son armée, de s’étudier à faire avorter tout ce que son ennemiimagine pour la lui rendre difficile, parcequ’il n’y a que ces attentions quile mettent en état de temporiser. C’est en quoi consiste principalement l’habi-lité d’un grand Capitaine qui sait qu’il vaut mieux quelquefois fe garantir duMal, qife d’en faire. Lorsque Pyrrhus lutta contre les Romains, il se consu-ma par le temps de par l’inaction, & à la sin la disette, de la désolation duPays qui étoit le théâtre de la guerre, l’acheverent.

Je conseille surtout d’user d’une pareille conduite contre les barbares quirassemblent leurs armées dans le moment, de qui avec des forces peu réel-les font la guerre par incursion. Comme ils ne fe pourvoyent de vivres quepour un nombre limité de jours, de qu’ils n’en ont qu’une certaine quantité,st est clair, que leurs provisions consumées, ils prennent d’eux mêmes la