LES CESTES DE JULES AFRICAIN. 41 z
pas d’abord ceux qui en goûtent, & que les ennemis ont tout le loisir d’enporter encore à leurs domestiques, aux habitans d’une ville & à toute leurarmée. Ce seront des repas préparés par les Déesses vangeresses. Auísi nedoit on se servir de cette ruse que contre les seuls barbares qui ne méritentpas mieux. Mais s’il arrivoit que soupçonnant le danger, ou avertis par lestransfuges, ils 11e goûtassent pas de ces pains, & que vous leseuffiéspréparésinutilement, du moins envoyez leur tous les prisonniers que vous avez faitsfur eux & d’autres malfaiteurs. Ce présent aehevera de les ruiner, parce-que la nécessité de nourrir ces nouveaux hôtes, ne pourra qu’augmenterla disette & la faim.
Qu’on tache aussi de les abreuver de la même maniéré. II y a trois es-peces d’insectes d’eau qu’on reconnoitra dans le second livre de notre gri-moire au caractère qui leur est propre. Qu’on en rassemble en quantité, &qu’on les broyé ensemble, jusqu’à en faire une huile qu’on délaye avec del’eau. Répandez:en dans ces étangs où vous savez que l’ennemi s’abreuve.Peu après les hommes & les animaux, qui en auront bu, s’enfleront prodi-gieusement, ils se sentiront atteints d’une ardeur brûlante, & perdrontleurs forces au point de n’être plus en état de porter leurs armes. Ils souhai-teront en fuyant qu’on vienne les achever. On se sert encore d’autres mo-yens d’infecter les eaux. Les puits se comblent de toutes sortes d’excrémensmêlés de pierres; & s’il y a des fontaines d’où les eaux découlent abondam-ment, on y jette la même huile dont j’ai parlé, en y ajoutant un extrait decoquilles marines, qui empêche qu’elles ne soyent potables de longtemps.Mais si ce font des étangs qu’on veut empoisonner, on se sert encore du sucde l’herbe appellée Titnymale, dont l’esset n’est pas moins sûr.
Qu’on ne s’imagine pas au reste que je fois le premier qui conseillede nuire à l’ennemi en infectant sa boisson. Les Barbares de l’orient ontplus d’une fois employé ce moyen pour détruire ceux qui font venus leurfaire la guerre dans leur propre pays.
CHAPITRE ÎIL
Des moyens d'empoisonner le Vin t
L 'auteur rapporte un exemple d’un corps de troupes Romaines que cer-taine nation, dont le nom n’est pas assez clairement exprimé dans lemanuscrit, avoit détruit, en prenant la fuite ù son approche, & en laissant
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