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Vol. II.
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414 LES CESTES DE JULES AFRICAIN.

après elle une bonne quantité de vin empoisonné. II prétend que la chauxéteinte, la lessive & du buis íont les drogues les plus propres à cet effet.

CHAPITRE IV.

De la maniéré J empester Vair.

L es moyens que l’auteur propose ici sont aussi frivoles que ses autres se-crets. II nomme quelques scrpens plus vénimeux que les autres *) qu’ontrouve fréquemment, à ce qu’il dit, dans la Syrie, ôc au sujet desquels ilrenvoyé son lecteur a son grimoire. II veut qu’on remplisse de grands vases deces serpents, & qu’après les avoir bien fermés on les garde exposés aux rayonsbrulans du soleil, jusqu’à ce que tout soit entierement pourri. II conseilleensuite de placer ces vases à certaine distance de l’ennemi ôc de ne les ouvrirque dans le temps que le vent souffle du côté de son camp. L exhalaisonen doit être selon lui st pénétrante, surtout de près, qu’elle fait tomber à ter-re les oiseaux ôc crever les chevaux en pleine course. Pour se garantir desfunestes effets de ces artifices, il conseille, lorsqu’on s’apperçoit que l’en-nemi les a mis en pratique, d’allumer de grands feux devant le camp, del’environner de distance en distance de cuirs récemment tannés, ôc de brûlerbeaucoup d’encens.

A ce chapitre le copiste en a joint un autre qui traite des moyens de nui-re à l’ennemi en lui causant des insomnies. Outre l’exemple de Thémistocle,qui inquiéta pendant quelques nuits la flotte deXerxes, il cite la conduitedes anciens Généraux Romains, lorsqu’ils étoient en présence des ennemis.C’étoit leur coutume, dit-il, de les allarmer chaque nuit en détachant unepartie de leurs troupes légeres pour insulter les postes avancés, ôc pour jet-tes même dans leurs camps une quantité de flèches ôc de traits, en faisantbeaucoup de fracas ôc en sonnant les trompettes de tous côtés. Ils se pré-sentoient le lendemain en bataille sans aucun dessein de combattre, avec laprécaution de se poster de maniéré, à ne pouvoir être attaqués. Après avoirtenu cette conduite pendant quelque temps, il falloit nécessairement quel’ennemi fut, épuiíé de fatigues ôc d’infomnie. Pour lors ils prenoient leurtemps pour lui livrer bataille.

') Thrijsus U Bathanerata.