430 LES CE ST ES DE JULES AFRICAIN.
chez vos ressources dans le terrain, en assurant vos flancs, ëc même vos der-rières , au cas que votre ennemi supérieur en troupes, en détache pour vousenvelopper. Vous même vous ne devez entreprendre fur lui que pendantla nuit, & lorsque vous le croyez endormi.
Si les forces font égales de part & d’autre, & que la victoire soit encoreincertaine, n’allez pas engager une affaire genérale, fans que vous n’ayezfû vous procurer quelque avantage qui vous en garantifle le succès. Epiezdonc dans cette vuë le moment où vous pourrez marcher fur le corps devotre ennemi, lorsqu’il est harassé de fatigues, après une marche longue &difficile, ou dans le temps même qu’il est encore engagé entre des rochers &de mauvais chemins. Tâchez de le surprendre au moment où arrivé aucamp il se débande pour dresser ses tentes, ou lorsqu’il les détend pour dé-camper, Inquiétez le auíîì toute la nuit par de fausses aîlarmes, &, lors-que vous le croyez bien fatigué, marchez à lui le matin pour l’attaquer detoutes vos forces. Surtout observez bien, fl la nécessité de pourvoir à sasubsistance, ou quelque autre raison l'ont engagé à partager ses troupes.Rassemblez alors promptement les vôtres, &c jettez vous fur f un ou fur l’au-tre de ses corps, que vous ne manquerez gueres de battre en détail.
L’on a vu de cette maniéré de grandes armées ruinées par de petites,que ne feront pas les armées, qui ne le cèdent ni en nombre ni en valeur àcelles des ennemis * ) ?
C’ett encore quelquefois un trait d’habileté que de n’engager la batailleque vers le soir, afln qu’en cas de malheur les ténèbres de la nuit puissent fa-voriser la retraite, tandis que cette promtitude d’en venir aux mains à unetelle heure, fait croire que l’ardeur de combattre l’emporte chez vous fur
toute autre considération._
*) En jugeant du stile & des matières de tête à rennemi, il dévasta le pays avant fouccs quatre chapitres , on en croiroit l'auteur , arrivée, & l’obligea par ce moyen à parta-quoique différent de Jules Africain , à peu près ger ses forces pour se procurer de la subsistan-du quatrième Jiecle. Mais on est surpris de trou- ce. Bélisaireen profita habilement & défit enver dans un des manuscrits du Roi un paffage détail ces différais corps de i’ennemi. II estajouté , dans lequel il est fait mention detíélffai- très probable que le copiste à qui ce fait de Hè-re ce fameux Général de Justinien qui a vécu lifaíre est venu dans ! esprit en a voulu enrichir ceplus de 300. ans après notre auteur. En voici recueil , les autres manujerits dans lesquels 011la traduction. Telle étoit la conduite de Béli- ne trouve pas cet épisode, justifient cette con-faire, lorsque se voyant trop soible pour tenir je Jure.