LES CESTES DE JULES AFRLCAIN.
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En choisissant ces espions on evite d’employer des gens du pays où onveut les envoyer, aussi bien que les personnes qu’on fait avoir de grands sujetsde plainte contre vous. II ne faut charger de pareilles commissions queceux qui ont femmes, enfans, peres & frétés chez vous, & qui à cause deRattachement qu’ils ont pour leurs maisons, font incapables de trahir leurpatrie ou de rester pour toujours parmi les ennemis.
On a foin encore de n’y employer que des gens intelligens, d’un certainesprit, qui connoissent bien la langue, les coutumes &c le caractère de la na-tion, &c qui font propres à observer les différens chemins & l’aíïìette deslieux. Lorsqu’ils font dans le pays, il faut qu’ils évitent soigneusement larencontre des prisonniers, que l’ennemi peut avoir faits fur vous, pour n’enêtre pas reconnu, qu’ils lient connoissance avec des gens simples & ouverts,«Se fuyent ceux qui font adroits & peut-être plus rusés qu’eux.
CHAPITRE LXXII.
Des Ambassadeurs.
O n envoye des Ambassadeurs &c on en reçoit. C’est une loi générale quede les respecter, & de les traiter avec beaucoup d’égards ôc de politesse.On a foin seulement de ne leur donner pour leur service que des personnes avi-sées, qui sachent répondre à leurs questions, fans trahir vos intérêts. Si cesAmbassadeurs viennent d’un pays fort éloigné, entre lequel ôc le votre il y aencore d’autres nations, vous ne leur découvrez de l’état de vos affaires quece que vous jugez à propos: Vous agissez de la même maniéré avec ceuxde vos voisins qui font moins puissants que vous. Mais s’il vous en vient dela part de ceux qui Remportent fur vous, par le nombre & par la valeur deleurs troupes ; gardez vous bien de leur montrer vos richesses 6c vos belles fem-mes: Vous ne ferez parade à leurs yeux qile de vos armées, de vos arsenaux,du bon ordre qui régné chez vous, ôc de vos meilleures forteresses.
Si vous envoyez vous même des Ambassadeurs quelque part, choisissezdes gens de bien ôc d’honneur, qui soient fans aucune tache, qui ayent del’esprit, qui aiment leur patrie, & qui la préfèrent à leur propres intérêts.Ne forcez personne à se charger de ces commissions. On fait que Regulusenvoyé par les Carthaginois à Rome pour leur procurer la paix, & s’étantengagé par ferment à retourner en cas qu’il échouât, ne conseilla pas moinsaux Romains de faire la guerre, ôc revint à Carthage pour remplir ses enga-
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