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Vol. II.
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LES CESTES DE JULES AFRICAIN.

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toujours s’en défier, auíïì bien que des autres personnes libres & esclaves quel’ennemi vous avoir envoyés en temps de paix, comme un gage de son amitié.On sait que les Perses s’emparerent d’une ville à l’aide de trois cens de ces gensqu'on avoir eu l’imprudence de recevoir, comme un présent de leur part.

CHAPITRE LXXI.

Des Espions.

O n a imaginé la ressource des Espions pour parvenir à la connoissancedes choses qui se passent chez 1 ennemi, & qu’il nous convient de sa-voir, soit pour prendre quelque résolution importante, soit pour nous mettreà l'abri de quelque malheur. II est de notre intérêt par exemple, d’être infor-mé fi l’ennemi fait des préparatifs de guerre contre nous, s’il fait la guerre àquelqu’un de fes voisins, ou si au contraire lui même en est attaqué. Lors-que les avis portent qu’il nous menace d’une invasion, il faut comme je l’ai dit,commencer par mettre en fureté ses villes & le plat pays, rassembler prom-tement ses troupes & aller méme à fa rencontre : II est surtout nécessaired’examiner pour lors avec grand foin vos frontières & toutes les avenues quimenent dans vos Etats, y choisir d'avance les postes les plus propres à lescouvrir, ainsi que des terrains qui se prêtent à des embuscades dont vouspourrez tirer parti, soit que vous agissiez offensivement, soit que vous soyésobligé de vous retirer. Si vous êtes inf ormé qu’il est en marche avec la plusgrande partie de ses forces contre quelqu’un de fes voisins, ou si lui mêmesoutient une guerre difficile dans son propre pays, ne manquez pas de pro-fiter de l’occasion pour y faire une invasion & pour le ravager. Je ne con-seille cependant pas d’attaquer l’ennemi pendant qu’il est engagé dans uneguerre civile. Par ce qu’on a vu plus d’une fois les factions cesibr tout d’uncoup dans ces occasions, & toute la nation réunir fes forces pour s’oppoferà l’ennemi commun.

Si vous détachez plusieurs espions à la fois il faut que l’un parmi eux, leplus affidé & le plus éclairé, soit au fait de la commission d’un chacun, quetous les autres lui rapportent le résultat de leurs perquisitions, & que ce soitencore lui qui indique à chacun des autres où, & de quelle maniéré on doits’aboucher. Les endroits les plus commodes pour cet objet font ordinaire-ment les marchés publics, où vos propres sujets ont coutume de se trouveravec les gens du pays pour troquer des marchandiles &c pour commercer.