Band 
Vol. II.
Seite
441
JPEG-Download
 

LES CESTES DE JULES AFRICAIN.

441

CHAPITRE LXXVII.

C e chapitre traite des fanaux qu’on établit fur les frontières & de distan-ce en distance dans 1 intérieur du pays, pour avertir de rapproche desennemis, & pour servir de signaux aux troupes & aux habitans, aux unespour fe rassembler, & aux autres pour fe mettre en fureté. L’utilité en étoittrès grande dans ce temps où les nations barbares venoient souvent tom-ber à Timproviste sur les provinces & faire d’horribles ravages, avant qu’onfut en état de fe recueillir. C’étoient ordinairement de grands bûchers debois sec, arrangés dans les endroits élevés &c toujours prêts à être allu-més au besoin. L’auteur recommande de réemployer à la garde & auservice de ces fanaux que des gens braves, fideles, alertes & intelligens. Lesdifférons avis qu'ils avoient à donner, avoient fait imaginer différentes efpe-ces de signaux & des maniérés particulières d’indiquer les circonstances desinvasions, relatives au nombre des troupes & au chemin qu’elles pré-voient. L’auteur entre dans le détail de la signification qu’on peut atta-cher à chaque maniéré de donner ces signaux, à l’exemple d’Enée leTacticien qui en avoit traité dans le Poliorceticon.

Au reste tous ces chapitres qu’on vient de lire, font tirés d’auteurs bienplus modernes que Jules Africain , & regardent la milice telle qu’elle a été,ou plutôt telle qu’on a voulu qu’elle fut du temps des Empereurs de Con-stantinople. On voit surtout par le chapitre des camps, qu’il y a beaucoup deressemblance entre les préceptes qu’on y trouve, & ceux que l’Empereur Léondonne dans fa tactique, de même qu’entre lestile de ces deux écrivains.

Du Cange dans son glossaire grec cite souvent dés passages de ces stag-na ens. M. Buffi dans ses remarques fur la tactique d’Elien, a cru prouver Milice desque réellement les anciens avoient fait quelquefois usage de cette ordonnance f re ^ T °™*de la cavalerie en lozange, dont on avoit révoqué en doute la réalité, en p. 80 .citant comme de Jules Africain, le chapitre qu’on vient de lire fur cet objet.

Mais il est évident que le témoignage d’un auteur qui est du moins cinq oustx cens ans plus récent que Jules Africain n’est pas d’un grand poids.

CHAPITRE LXXVIII.

Des Gardes.

O n doit choisir dans l’armée les soldats destinés à servir de gardes, & n’yemployer que des gens prudens, braves, intelligens, vigilans, forts &agiles. 11 faut auffi qu’ils ayent des femmes & des enfans & un peu plusTome m. K k k