Band 
Vol. II.
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PRÉFACE.

Ce singulier Phénomène d’un auteur capable de se montrer au publicavec un aussi grand fond d’ignorance n’est réservé qu’à notre siecle, où legrand secours des Dictionaires «Sc des Abrégés dispense les jeunes gens de lireles auteurs mêmes 6c les remplit en même temps de présomption & d’unetrop haute opinion de leur capacité. Jen’ose mettre au nombre des jeunesgens de cette espèce, le Chevalier deLo-looz, que je n’ai. l’honneur deconnoítre que par ses Recherches d’antiquités militaires, mais je soutienstoujours, qu’il seroit moins étonnant d’entendre raisonner sur les véri-tés de la Bible, un théologien qui ne connoitroit pas même les noms desquatre Evangélistes, qu’il ne Test de voir un littérateur se faire un méritede se s recherches d’antiquités militaires fans connoítre même de nom, lesauteurs dans les ouvrages desquels on est obligé de puiser.

Je me diípenserois donc de répondre aux objections d’un pareil Anta-goniste, si je n’avois pour juges que des savans de profession; mais commeje ne respecte pas moins cette autre partie de mes lecteurs, ces dignes of-ficiers que le zele de leur métier rend avides de toutes les connoistànces quiy ont quelque rapport, & que leur suffrage m’intereffe bien plus encoreque celui des littérateurs, j’ai senti la nécessité de faire mon apologie, d’au-tant plus que le ton qui régné dans tout le livre du Chevalier de Lo-looz,est si imposant & si persuasif, qu’on ne croiroit pas qu’un autre motif que l’a-mour de la vérité aît pû le lui faire prendre. Les militaires s’en rappor-tent d’ailleurs volontiers à la bonne foi «Sc aux lumières d’un homme quipublie ses recherches avec apparat, & qui les annonce comme le fruit d’unlong travail «Sc de profondes méditations. Ajoutez que cet air de suf-fisance, ce stile pompeux 6c tranchant, 6c le titre séduisant de défenseur duChevalier Folard dont la mémoire sera toujours chere aux militaires, pour-roit fort aisément en imposer à quelques lecteurs <3c accréditer son injusteCritique aux dépens de la vérité 6c de ma réputation.

J ai vu meme 1 auteur du Journal encyclopédique donner à pleines mainsde í’encens au brave défenseur du Chevalier Folard, & applaudir à lavictoire qu’il prétend avoir remportée fur moi. Jaurois tort de me récriercontre les journalistes qui n’ont pas toujours le loisir d’examiner les ouvra-