4)5 DÉFENSE
bien il importe pour íè faire une idée juste de l’art de la guerre des anciens, de connov-tre leur pratique dans les fieges. Leur histoire militaire nous fournit à tout moment desexemples très mémorables de fieges opiniâtrement disputés & faits dans toutes les ré-glés de fart. C’est à leur occasion, que fe font donnés souvent des combats considéra-bles , dont on aura de la peine à fe former une idée, si l’on ne connoît pas leur pratique.II y a autant & même plus de rapport entre la tactique des anciens & leur science d’atta-quer & de défendre les places, qu’ií y en a aujourd’hui entre notre tactique & le Génie& l’artillerie. Leurs fortifications de campagne, l’employ de leurs machines dans laprotection des camps,, dans Patraque & la défense des postes, & dans les paíîàges des ri-vières , ne permettent pas d’en douter. César chercha plus d’une fois des ressources dansles pratiques de fieges, & les appliqua avec íuccès à la guerre de campagne.
Cependant il s’en faut de beaucoup que cette partie de Part de la guerre des anciens,soit jusqu’à présent exposée par quelqu’un de nos auteurs modernes, avec toute l’exacti-tude & avec toute l’attention qu’elle mérite. Je soutiens même en dépit de tous les aveu-gles admirateurs du Chevalier Folard, que cet ingénieux auteur a contribué le plus àembrouiller cette matière, & à dégoûter les savans de la traiter après lui. Son singulierpréjugé -dse la grande capacité des anciens, l’empêchoit de découvrir comme il eût pu lefaire avec fa sagacité, leur vrai mécanisme & leur véritable méthode dans l’attaque & ladéfense des places. Les termes relatifs à la pratique des modernes dans leurs fieges, queles traducteurs des auteurs Grecs & Latins avoient mal à propos employés dans leurstraductions, nourrissoient ses préventions, & il s’en forgeoit de nouvelles armes pour lessoutenir. Il est vrai que Juste Lipse a raílèmblé dans son Poliorcéticon d’excellens ma-tériaux fur ce sujet, mais il manquoit de méthode & d’art pour en faire un tout bien lié.De plus n’étant pas militaire lui même , il n’est pas entré dans l’efprit de tout ce grandappareil de fieges, qu’il expose. D’autres, moins savans que Juste Lipse, ont adoptéen partie les idées du Chevalier Folard,. & n’ont pas mieux réussi que lui.
Nous ne manquons pas cependant du secours nécessaire pour débrouiller cette par-tie de l’art de la guerre des anciens. Plusieurs bons historiens ont détaillé l’histoiredes fieges avec beaucoup de clarté & d’exactitude. Il ne faut que les entendre & suivreíàns fe faire illusion, & fans y mêler les idées de nôtre militaire, le sens que nous offrentleurs expressions. Les services que des personnes versees dans les langues savantes ren-dent aux officiers, en interprétant exactement les paíîàges les plus intéreílàns des an-ciens tacticiens, font par cette raison d’un prix bien plus grand, que ne le font des re-cherches d’aátiquités militaires, faites d’après des compilations, & fans la moindreconnoiffance des auteurs mêmes qu’il àuroit fallu consulter.
Outre les historiens, plusieurs auteurs anciens avoient écrit fur l’attaque & la défensedes places. 11 nous en est resté l’ouvrage de Plûlon le Byzantin, dont le titre a-à-à quin’annonce qu’un simple traité fur les. machines, a peut-être empêché les savans d’ychercher les lumières que cet auteur répand fur toute cette science. Ayant traité dansion.'.fécond livre de la maniéré de, fortifier les villes, il. expose ensuite tout l’appa'