Band 
Vol. II.
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DÉFENSE

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J o o. pas Romains, qui reviennent à 37 g. toises de Paris; de forte qu’on n’avoit pasbesoin de commencer les attaques de loin. Les armées même qui faisoient le siégé, secampoient seulement à une distance de 6. à 700. pas du corps de la place, & étoientpar conséquent toujours à porte'e de soutenir les travaux. Les coups venant pour la plu-part du haut des plateformes des murs, étoient presque tous plongeans, & pour s’en mettre àcouvert, il falloit plus de blindes & de toits qu’il ne falloit de parapets qui font d’usagedans les tranchées. En coupant le terrain par des tranchées & par des parallèles, ilsauroient nécessairement embarassé les approches de ces énormes, tours mobiles , dont lesbases étoient fort larges , & qui exigeoient un grand nombre de manœuvres. On voltau contraire Demetrius applanir le terrain devant Rhodes, pour s’avancer avec le trainJoseph Lîv ^ so S machines «Sc pour les seconder dans la fuite. Titus passa quatre jours devant Jeru-V. ch. 1 a. íàlem à égaliser & à affermir le sol, avant de commencer les attaques.

La ressource íi naturelle & íì efficace de mettre les soldats en sûreté, en les couvrantd 1 un rempart, n’étoit certainement pas inconnue aux anciens. Pour s’en convaincreon n’a qu’à se rappeller les retranchemens ordinaires dont ils entouroient leurs camps,& tous ces prodigieux ouvrages que César & d’autres Généraux ont exécutés en certai-Poiiorcetic.'nes occasions. Apollodore enseigne expressément, que lorsqu’on a à pousser la tortue^Thf'vc» K contre une place située fur une hauteur d’où les ennemis n’auroient qu’à faire rouler dehaut en bas de grandes maíïes ou des chariots remplis de pierres, capables de brisertoute la machine, il falloit en couvrir l’approche par un fossé étançoné avec íoin &tiré obliquement du côté de la place. Mais lorsque les mêmes écrivains nous représen-tent aussi clairement qu’il est possible les attaques d’une place, conduites pied à piedpar des machines ou par des terrasses, fans qu’on y découvre les moindres traces de cequ’on appelle des tranchées, rien ne nous autorise à tirer de quelques cas particuliers,des conséquences contre un systeme dont ces mêmes auteurs nous ont exposé le détail.On en conclut seulement que ce n’étoit pas par ignorance que les anciens ne faisoient pasdes tranchées , mais par ce que leur maniéré de s’approcher des places avec de grandesmachines & de hautes terrasses, ne leur permettoit pas de creuser des fossés, & qu’ens’enterrant ils étoient moins à Pabri des traits lancés du haut de murailles, que fousle toit de ces différentes especes de galeries mouvantes qu’ils avoient imaginées.

II n’y a point d’obscurité dans les descriptions des sieges qu’on trouve dans Po-lybe, dansDiodore de Sicile, & dans les autres auteurs; on auroit fur tout tort d’enaccuser les dogmatiques tels qu’Athenée, Philon «Sc Apollodore. Soit qu’ils nous re-présentent des galeries mobiles, soit qu’ils nous parlent des fossés, on les volt toujoursexprimer l’un ou I’autre de ces objets, par les termes qui les dénotent fans équi-voque dans leurs langues. Mais le Chevalier Folard gêne par ces expreíïìons qui di-foient ouvertement le contraire de ce qu’il avoir imaginé relativement aux travaux dessieges des anciens, pour .concilier ses explications avec les témoignages de ces auteurs,soutenait surtout que vineas agere, ce terme si souvent répété par les historiens étoit unterme générique, & désignoit tantôt une tranchée à ciel ouvert, tantôt une tranchée