DES MÉMOIRES MILITAIRES. 461
ordonna de pratiquer deux conduits pour communiquer entre les machines & le camp.
II n’y a proprement rien dans ie texte qui marque expressément l'excavation des fossés.
U est très possible que ce que le Grec appelle s í^/ye, ««-««y o<, des canaux couverts par en~haut e'toient les Tt}ì»xeM-*ai de Philon appellees aussi , & qui n’étoient que de gran-
des clayes portatives jointes ensemble en forme de toit, qu’on arrangeoit en filespour palier par deíìous, d’un endroit à l'autre à l’abri des pierres & des traits de l’en-nemi. Mais comme en même temps l'expression grecque n’exclut pas l’idée d’un fos-sé blindé & couvert de clayes, je l’ai conlervée dans mon exposé, sans m’imaginerqu’elle pût jamais donner lieu à qui que ce fut, d’en faire des tranchées ou des lignesd’approche, surtout après qu’on auroit lû tout le détail que Polybe fait de la maniérédont Philippe s’approcha de la place. Si mon critique demande quel autre usage pou-voir-on faire des terres du déblai fi ce n’est de former un épaulement ou parapet contreles bateries de la place? je lui réponds, que c’est fans doute l’usage qu’on en fait ordinai-rement lorsqu’on s’avance par tranchées. Mais supposez que les deux conduits de Po-lybe fussent ici entre deux terres, il est certain, que ce ne fut pas, par leur moyen quePhilippe s’approcha de la place. Polybe dit qu’ils ne furent faits qu’après le front de l’at-taque établi près des murs de la ville par l’emplacement des tortues & des galeries, &derriere ce front d’attaque : il n’étoit donc pas néceíiaire de faire des parapets de terre con-tre une grêle de pierres qui tomboient d’enhaut.
Ainsi je défie tout ingénieur, qui aura lû que Philippe s’avanca fur un terrain fortuni, avec un train prodigieux de tours & de galeries, jusqu’à une petite distance du mur,pour en former son front d’attaque en tous íens parallèle à une partie de l’enceinte de laplace, je le défie dis-je, de reconnoître en fuite dans ces deux foíles, des tranchées &de véritables lignes d’approche. Il ne m’est jamais venu dans l’esprit de nier qu’en cer-taines occasions, les anciens ne se soyent enterrés dans leurs sièges; je fais qu’ils ontmontré autant & peut être plus d’art que les modernes dans leurs mines & dans leurs fap-pes ; mais j’ai soutenu que leur méthode dans les íieges ne ressembloit pas à la nôtre,que leurs travaux pour s’approcher du corps de la place n’étoient pas des tranchées ni desparallèles, & qu’en appliquant les idées que nous avons de notre pratique a 1 expose queles anciens auteurs font des sièges de leur temps, on risque de se tromper & de íefaire illusion, ainsi qu’il est arrivé au chevalier Folard. Voilà ce que mon critique au-roit du réfuter par des argumens tirés des anciens auteurs mêmes, au lieu de faire leSophiste & de n’argumenter que fur les pastages de mon livre.
Pavois encore prouvé par le simple exposé du texte de Polybe, que les travauxdes Romains au siégé de Lilybée n’étoient pas non plus des tranchées ni des parallèles.
Le chevalier prétend qu’il n’a pas besoin de consulter le Grec, & que mes propres Mé- pag, , í.moires peignent un flux & reflux inconcevable dans un officier qui s’est annoncé pourle restaurateur de la Tactique. Après m’avoir suppose l’ablurde prétention à un titrefastueux auquel je n’ai jamais aspiré, il cite le passage de mes mémoires, où je dis qu’on se Tom.II.c °ntentoit souvent au lieu d’un parapet avec íès embrasures, de clayes propres à couvrir
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