des mémoires militaires.
463
Bel. Jurf.v. 30.
ceux-ci qui se trouvèrent à découvert & sans aucune protection, se virent forcés d’a-bandonner tous leurs travaux & de se réfugier jusques dans leur camp. Cette circon-stance ajoutoit du poids aux autres argumens que j’avois allégués contre l’existence destranchées & des lignes d’approche dans les lieges des anciens, & il m’a paru que monCritique pour en diminuer la force, auroit dû prouver que le feu pouvoit prendre aussibien aux tranchées qu’aux galeries de charpente & de claye, & rendre raison de ceque sauteur Juif ne fait jamais mention de la protection que les tranchées auroient dûdonner aux Romains contre les sorties de l’ennemi. Mais au lieu d’y répondre con-séquement, ildi titre fâckéque je fajseaujjì peu d’attention à la marche du coeur humain,qu* à s histoire Romaine. Que je Jaurois alors que ces révolutions font dans V ordre l">r- - 7 -
naturel, & que toute la discipline & la valeur des Romains ne les ont pas toujoursdérobés à la honte de ces terreurs paniques. II laisit ensuite cette occasiou favorable deconter au lecteur certaine avanture arrivée aux légions qui faiíbient la guerre en Alle-magne , à ce qu’il dit, fous les ordres de Britanmcus, lorsque pendant la nuit le bruitd'un cheval qui s’étoit échappé mit le trouble dans tout le camp. C’est. un fait très connu,arrivé à l’armée de Caecina dans le temps qu’il fit fa retraite en présence d’Arminius,comme Tacite le rapporte. II est possible que le savant Chevalier ait pris. Germanicus, Annal. r.
pour Csecina, & qu’il fait confondu avec Britannicus,. qui jamais n’a commandé des 66 '
armées : il est du moins plaisant de citer pour garant de ce fait Tite Live qu’on saitêtre mort avant qu’on fit cette guerre en Allemagne. Le chevalier, dans le train deconter rapporte ensuite fexemple d’une pareille allarme causée dans le camp Romainpar le bruit que fit pendant le siège de Jérusalem la chute d’une des tours qu’on avoitplacées fur une terrasse. Mais est-ce en s’écartant de cette maniéré de son but qu’ilpense me convaincre d’erreur? Certainement, si une pareille terreur eut fait une foisfranchir aux Romains les tranchées & les parallèles, il eut été plus que singulier qu’ilsen eussent ressenti l’etrange effet à différentes reprisés, puisque fauteur Juif rapporteplus d’un exemple de pareilles sorties qui forçerent les Romains à quitter leurs travaux &a se sauver dans leur camp..
Les objections du Chevalier de Lo-looz auxquelles j’aí répondu, étoíent toutes tirées:de mes mémoires mêmes; je répliquerai aulli à celles qu’enfante íòn cerveau. César dit Bell. Civ.qu’au siégé de Marseilles Trebonius fit deux attaques, & qu’il s’approcha de la place d« CII. ch. tdeux côtés, par une terrasse, par des galeries & par des tours. Duabus expartibus agge-re m , vineas turresque ad urbem agere inftituit. II nomme ensuite les galeries ouïesvinete des Portiques qu’an étoit obligé de couvrir de poutres de deux piés d’épaiííeur,par ce que les clayes posées en quatre.couches les unes fur les autres ne íûffiíôient pascontre la violence des traits, & qu’on fit usage de ces yinece de même que des autres man-telets nommés Plutei y pour couvrir les ouvriers qui travail lofent à la tour de briquesât au grand Mujculus . Peut-on bien après ce détail confondre ces machines avec destranchées? Mais la sagacité de mûri critique est excessive. Parceque les assiégés trou-vèrent ensuite les moyens de mettre lé feu aux. travaux des Romains* pnreeque César