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Vol. II.
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DÉFENSE

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dit qu’ils brûlèrent la terraíîe, les mantelets, la tortue, la tour & les machines, & qu’ilne fait pas aussi une mention expresse de l’incendie des vineœ, ou de ces Portiques , n’eft-ce pas , dit-il, un préjugé très fort, St qui peut mime tenir lieu de démonstration,que ces vineœ au fiegedes Marjèilles, étoient des tranchées à la moderne, telles que Fo-lardles a décrites ? Vaut-il bien la peine de réfuter ce raisonnement? César en rap-portant que le feu n’avoit pas épargné la terraíîe, les tours, ni les grands mantelets, avoit-il besoin de nommer encore toutes les autres pieces qui ne purent qu’avoir le mêmefort? La description qu’il avoit faite auparavant des matières dont les vineœ croientcomposées, ne pouvoir pas faire soupçonner qu’il eut dessein de les excepter de l’incendiegénéral. Mais faut-il des exemples de ces Portiques ou de ces vineœ brûlés, j’en ai dé-Iíb.V.cli.7. ja cité à l’occasion des íìeges de Lilybée & de Jérusalem. Tite Live rapporte que leshabitans de Vejes réduisirent en cendres dans une heure de temps, la terrasse & les ga-leries d’approche ( les vineœ ) des Romains. Horœque momento fimul aggerem ac vineastam longi temporis opus incendium haufit. Lorsque Marius attaqua la redoutable forte-Ch. 91. resse de Jugurtha près de la riviere de Mulucha, Saluste dit, que ce fut fans succès, &avec un danger infini qu’on poustà en avant les galeries d’approche, parcequ’à peines’étoient-elles avancées un peu, qu’on les détruisoit par le feu & à coups de pier-res. Vineœ cum ingenti periculo frustra agebantur , nam quum ece paululum pro~Ch. 94. cejfferant, ìgni aut lapidibus corrumpebantur. Il ajoute ensuite que les Numides lesavoient plus d’une fois renversées ou brûlées: Sœpe anlea vineis Romanorum fubversisitem incenfìs. Je défie qu’on reconnoisse dans ces accidens auxquels ces machinesétoient fi souvent exposées, ces tranchées à la moderne dont le Chevalier de Lo - loozprétend démontrer l’antiquité.

L’autre preuve est aussi concluante que celle que je viens de combattre: parcequcCh. 1 6. le jeune Pompée au siégé d’Ategua aposta des gens pour mettre le feu aux tours & à laterrasse, & que l’historien de cette guerre d’Eípagne n’y fait pas en même temps men-tion de vineœ , le Chevalier de Lo-looz en tire la conséquence, que ces vineœ étoientdes tranchées à la moderne, auxquelles on ne pouvoit pas mettre le feu. II ne faut querapporter cet argument pour en faire sentir la foiblesse.

Comme les anciens ont fait de grands amas de clayes dans leurs préparatifs de siè-ges, Mr. de Lo-looz croit que ce ne pouvoit être que dans le dessein de s’en servitdans les approches, comme on employoit jadis les pavesades ou t aliénas, pour en for-mer une espece de parapets portatifs, auxquels les modernes ont substitué les gabions.Cela peut-être très vrai, & je crois ainsi que lui, que ce n’étoit pas uniquement pourcouvrir le toit & les côtés des galeries ( vineœ ) qu’ils ont rassemblé les clayes, mai*encore pour d’autresusages: Mais je n e conçois pas la conséquence qu’il en tire, que lesgaleries des sieges des anciens étoient des tranchées à la moderne.

Bell. Civ. . Mon critique cite encore le passage de César où ce grand Capitaine dit que daIU. 46. temps qu’on so diíputoit le terrain aux environs de Durazzo, il avoit fait couvrir patune rangée de clayes les soldats qui étoient occupés à creuser un fossé. Mais que veut-