Band 
Vol. II.
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D É F E N S E

47 °

<TéleVer le rempart. Mon critique fier de la prétendue découverte de mon erreur, faitune longue dissertation pour prouver ce que personne ne lui contestera jamais, savoir quey ail us ne signifioit pas toujours une feule palissade, & emporté par la fougue de fa cri-tique il tire une partie de ses preuves des circonstances qui accompagnoient l’attaque desmêmes retranchemens dont il s’agit dans le passage allégué, oubliant qu’ayant moi-mê-me déja reconnu ce rempart, il étoit inutile d en démontrer la réalité par une foule d’ar-guments nouveaux. On voit bien que trop de fiel empêche souvent de raisonner juste.Vallus dont on détermine la hauteur à douie jusqu’d quatorie pie's , dit-il, ne peutpas signifier une palissade , pareeque , comment auroit-il été possible que Scipion eneût fait porter sept à chaque Joldat avec du pain pour trente jours? Mais croit-il doncque dans les grands & immenses ouvrages que les Romains exécutoient, on n’emplo-yoit d’autres palissades que celles que les soldats portoient dans leurs marches ? IL estclair, ajoute-1-il, que les sept palissades fous Scipion, & Les dou{e fous Cincinna-tus ne pouvoient servir qu’à un clayonnage pour soutenir le talud des terres. Voilàune décision qui ne quadre pas avec les descriptions des anciens auteurs. Mais leschoses les plus claires & les plus vraies, deviennent douteuses entre les mains de moncenseur, par le choix des argumens dont il sè sert pour les prouver.

Le Critique m’impute encore d’autres méprises, celle d’avoir déterminé avec peude précision le sens du mot agger, d’avoir confondu un plan horizontal & un vertical,& finit après beaucoup d’invectives par m’appliquer ce vers de l’école: Decidit in Scyl-lam cupiens vitare Charybdin. Mais je crois qu’ayant réfute' les points les plus essen-tiels de fa critique, j’ai austì peu besoin de m’arrêter à ces misérables vétilles qu’à desinvectives qui ne prouvent rien.

CHAPITRE IV.

P es Terrasses .

P ag. 19. ésar avoit décrit la terrasse que ses soldats exécutèrent devant Bourges de la

Hb.vil. ch, ì. J maniéré suivante. Aggerem latum pedes CCCXXX, altum pedes LXXX ex -14 ' struxerunt. J’ai dit en conséquence de ces paroles, que la terrasse devant Bourges avoit

80 pie's de hauteur & 330 de largeur. Le Chevalier de Lo-looz trouve à redire à cetteinterprétation, pareeque le plan que M.. G. a fait de la terrasse devant Marjeilles , dit-îl, présente un très petit front contre la place ; mais je ne vois pas ce que ce planprouve contre la dimension de la terrasse de Bourges. II ajoute: je ne pouvois imagi-ner que ce tacticien confondit la profondeur avec íétendue du front. Ainsi je n’attri -buois cette méprise qu’à une distraclion dans le choix des mots : mais il y a de quoiconjecturer , qu’elle est une fuite de mure réflexion, & que c’est le sentiment de M-G. Je ne conçois certainement pas ce que mon Critique veut. Agger altus pedesLXXX ne peut pourtant signifier qu’une terrasse de la hauteur de 80 pies relative-ment à son élévation du rez de chausse, ainsi asi agger latus pedes CCCXXX, fa largeur