DES MÉMOIRES MILITAIRES. 469
ger de nouveaux mots, adoptèrent ceux qui étoient connus, & qui par le rapport qu’ilsavoient dans leur signification primitive aux choies qu’on vouloit exprimer, en facilitoientl’intelligence. Lorsqu’on perfectionna dans la fuite l’art de la guerre, on conserva lesanciens termes, & vallus & continuèrent dans les deux langues à dénoter un
retranchement quelconque, quoique ce fut autant la hauteur & la solidité' du rempart,que le paliííàdement qui en constituât la principale force.
Cependant lorsque les auteurs entroient dans le détail de grands ouvrages que les Ro-mains exécutoient quelquefois, ils distinguoient ce qui étoit proprement vallus , dela masse du rempart, de Vagger en latin & de w* en grec. On n’a qu’à voir Appien,lorsqu’il décrit les immenses travaux entrepris par Scipion l’Africain dit Emile, dansles deux sièges de Carthage & deNumance. Cette haye de palissades fe nomma austi dansla fuite sudetum du mot sudes qui étoit Péquivalent de vallus. Vallo sudibus fojsa-que firmato, dit Ammien. Végéce même en exposant les différentes eípeces de retran-chemens dont les Romains entouroient leurs camps, distingue la masse du rempart del’enceinte formée par les palissades: Aggerem saciunt, super quem valli hoc est su-des vel tribuli lignei per ordinem digeruntur. Et fauteur militaire de la guerre d’Es-pagne, en rapportant les circonstances du siégé de Munda après la bataille perdue parles partisans des enfans de Pompée, raconte qu’on avoir entassé les cadavres en guise derempart, & que pour représenter le vallus on s’é toit servi des Pilons & des armes desvaincus. César même distingue aílèz clairement le vallus de Yagger dans le paílàge cité,en disant vallus contra hostem ìn altitudinerri pedum X s tantumdemque eius valliagger in latitudinem patebat. Il est possible que Céíàr nommant ici la partie du rempartoù on plaçoit ordinairement les paliflàdes, n’ait voulu donner à entendre que la faceverticale du côté de la campagne, fans avoir dessein de déterminer précisément la hauteurdes palissades. Mais supposé que César n’eût eû en vue que cet objet, le paílàge neservoit pas moins de preuve à ce que j’avois avancé, & il est évident par tout ce que jeviens de dire que vallus & agger dénotoient quelquefois des choses différentes a certainségards l’une de l’autre. Voilà ce que j’aurois pû ajouter à ma note, pour justifier monobservation fur l’insuffisance du détail que le Chevalier Folard avoit fait des travaux desanciens.
Quelque courte que fut cette note, du moins elle ne donnoit aucun lieu à mon Cen-seur de m’imputer d’y avoir soutenu que vallus ne signifioit jamais autre chose qu’ unepalissade. 11 faudroit n’avoir jamais lû les anciens auteurs pour débiter une opinionaussi ridicule & aussi facile à réfuter. J’avois fait la description des retranchemens desanciens nommés vallus par les Romains & par les Grecs, en vingt endroits de mesmémoires de maniéré que personne ne pouvoir me soupçonner de 1 ignorer, & il estévident, que j’ai dérogé aussi peu dans cette note à la signification générale du motvallus que Polybe, Tite Live, César, Appien, Végéce, Marcellin &c d’autres auteursqui distinguent quelquefois dans les descriptions qu’ils font des ouvrages des Romains,le travail de mettre & d’ajuster le paliííàdement nommé proprement yallatio } de celui
Nnn 3
Punie. pag.
73 & 74 -Iberic.
tib. XXXI.8- Lipte deMilir. Rom.L. dial. J.
Lib. III. ch.
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