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DÉFENSE
Ne lit-on pas dans plusieurs auteurs de fantiquité, ajoute mon Critique, erant ml-nœ in propugnaculis & fenestrœ in quìbus dcfenfores stabant cum variis telis. Maisces propugnacula n’étoient pas non plus les murs d’une ville, & q U i est ce de ces huitauteurs qu’il cite en marge, est-ce Turnebe, est-ce Adveríus, ou est-ce dans Am-nùen, Tite Live, Diodore de Sicile, Athenée ou Heliodore qu'o n lit ces paroles? Cer-tainement je n’ai pas besoin d etre â 1 affût des occaíions de donner du ridicule au che-valier de Lo-loozelles ne se présentent que trop d’elles mêmes. Turnebe, ce savantFrançois du seizième fìecle, n’est sûrement pas ici à la place parmi les auteurs de l’anti-quité,, ni son compagnon Adversus. Ce dernier doit fa n aillante à l’une ou l’autre descompilations que le chevalier consulte» L’ouvrage de Turnebe qui porte le nomà' Adverfaria y étant cité par abbréviation, a séduit le savant Critique au point de luifaire créer sous le nom d 'Adversus un nouvel auteur ancien» Cette méprise est tropplaisante pour ne pas être relevée.
Si le chevalier cite à la fin les tours mobiles dont Annîbal se servit dans l’attaquedes places , & l’Helepole de Demetrius Poliorcète, qui avoient à chaque étage des cré-naux pour l’usage des machines, on voit que ce. font toujours les mêmes argumensfrivoles auxquels j’ai déjà répondu, & qui ne prouvent rien»
L’auteur finit ce long chapitre par cette remarque importante & bien digne de sonsavoir, c’est qu’il y avoir même dans le latin des termes propres à distinguer l’embra-sure d’une batterie souterraine d’avec celles des batteries qui étoient fur le terreplein durempart; que l’embrasure souterraine s’appelloit fenestra, & l’autre se nommait Pin-aa.. Mais il me paroit singulier d’appeller batteries souterraines celles, qu’on dreísoitsouvent dans les étages les plus élevés des tours,, & de rapporter particulièrement àl’usage des batteries ce que les anciens nommoient pinnœ , crénaux , & qui n’étoient
proprement que des pans de murs, qui s’élévoient entre chaque ouverture qu’on avoirpratiquée au haut des murailles & dans toute leur enceinte, pour donner la commoditéà ceux qui les défendoient,. de tirer contre les. afliegeans ; & comme dans la fortifica-tion de campagne, on laiísoit également des. embrasures dans le parapet des remparts, onnommoit de même Pinnœ ce qui restoît entre les embrasures» Je ne doute pas quele but de ces embrasuresn’ait été en même temps relatif au jeu des machines, & à laprotection des soldats, qui défendoient le rempart; mais je n’ai pas trouvé que le ter-me de Pinnœ ait été particulièrement consacré aux embrasures qu’on faisoit pour lesbatteries des machines» On dreísoit dans les fieges des. batteries de machines, de distanceen distance selon leur portée,, & les auteurs ne parlent que de la protection qu’on leurdonnoit par le moyen des mantelets & des galeries de toute eípece Vineœ & Pluteiypour couvrir ceux qui en faisoient le service»
Ce n’eíl que successivement & à force de fouiller les anciens auteurs, qu'on parvientà s’infïruire dans toutes les parties des antiquités militaires. Je n’avois pas encore lûl’excellent ouvrage: de Philon, lorsque j’avançois que les. machines dans. une ville assié-gée ne tiroient pas ordinairement au travers des murs» Dans. son cinquième livre qui