Band 
Vol. II.
Seite
473
JPEG-Download
 

473

DES MÉMOIRES MILITAIRES.

murs de Syracuse comme ceux des autres villes fort solidement bâtis & fans cano-nieres, s’avisa, pendant le siégé même, d’en pratiquer principalement dans le mur quidonnoit fur la mer, & Polybe raconte ce trait comme une invention particulière d’Ar- lib Vlir.chimede par laquelle il se mit en état d’employer avec succès le nombre prodigieux de ch ‘machines qu’il avoit à fa disposition. Cet exemple fait donc voir, qu’ordinairement lesmurs des villes n’étoient pas crénelés, ni les batteries établies derriere ces murs pour tireran travers de leur épaistèur; puisqu’Archiméde fut obligé de les percer pour l’usagequ’il en voulut faire. Auísi est-il certain que César ne donne d’autre emplacement auxmachines que fìir la plateforme des murs.

II vaut donc la peine d’examiner les argumens dont le critique íè sert pour prouverle contraire, & pour justifier les durs reproches qu’il me fait. Efl-ce que César nedit pas positivement & il mérite bien qu on le croye , ajoute-t-il, que dans la con-struction de la tour de briques du siégé de Marfeilles on ménagea aux dìfférens étagesdes embrasures pour les machines ? Qu’il me permette de lui faire remarquer, que cettetour de briques devant Marfeilles étoit faite par les affiegeans, & qu’eû égard à son but& à sa construction elle n’avoit rien de commun avec les murs d’une ville. Ceux-ciétoient ordinairement d’une épaisseur énorme, & la plupart du temps terrassés. Les Re}1 Gaîmurs de Bourges & d’autres villes Gauloises dont César décrit l’architecture avoient 40 VII. 23,pies d’e'paiíseur. Les ouvertures, qui au dehors n’étoient que d’un palme, à peu prèsde huit de nos pouces, comme étoient celles qu’Archimede pratiqua dans une partiedes murs de Syracuse, n’auroient laiste que très peu de jeu aux machines, & si on leseut élargies convenablement, elles auroient néceílàirement trop expose le mur au grandeffet des béliers. Au lieu que cette tour de briques devant Marfeilles, n’étant que de sixpies d’épaiffeur & n’ayant rien à craindre du bélier, admettoit aisément & exigeoit mêmeces ouvertures. Les embrasures des tours mobiles de charpente ne prouvent certaine-ment rien en faveur de celles qu’on auroit pu faire dans les murs d’une ville.

Hirtius , poursuit mon Critique, dit qu’à la défense d’Alexandrie, les Egyp- Bell. Alex.tiens avoient fermé les rues 0 les carrefours par un triple rempart de 4.0 piés de haut, d 1 - 2 >dont les parties les plus baffes étoient flanquées de 'tours a dix etages : & il ajoute,peut-on croire que ces dìfférens étages fussent fans embrasures. II est singulier, quemon critique, qui travaille depuis long tems à un nouveau Commentaire fur César & surHirtius, ne saisisse presque jamais le sens des passages de ces auteurs. Hirtius rapportequ’au lieu de ce triple rempart, dont on fermoit les rués & les carrefours, on avoit élevédans les endroits de la ville qui étoient plus bas que les autres, & où le triple rempartn’avoit pas lieu, des tours à dix étages, de forte qu’il est évident qu’elles n’étoient pasdestinées à flanquer le rempart, comme le chevalier le dit. Ces tours avoient lansdoute ainsi que les autres tours de bois, des fenêtres; mais je ne conçois pas, commentCes fenêtres prouvent, qu’il y en avoit auíîì dans l’épaisseur des murs dont on formoifi^enceinte d’une ville.

Tome IV.

Ooo