DÉFENSE
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eordance qu’il y a, entre l’expòsé que j’ai fait de la tortue qu’on a construite pendant cesiégé de Marseilles, & le texte de CeTar. Il ne paroit pas que Pestai du Chevalier furcette tour lui ait réussi; il y a bien de termes d’architecture dans la description qu’afait César de cette tortue, & il est plus que vraisemblable que Mr. de Lo-looz auraencore le malheur de prendre des madriers pour des clous.
Mon critique agite a la fin une question importante, savoir, fi les anciensavoiënt entouré leurs villes de folles, comme 011 le fait aujourd’hui. S’il est à proposde consulter sur ces matières des auteurs, tels qu’Athenée, Philon, Vitruve, Apollo-dore, Héron &c. qui ont traité ces objets comme étant de leur métier, la question estdécidée, & il est certain que les anciens creusoient régulièrement des folles au tour deleurs places fortes. Philon conseille même d’en faire plus d’un, & d’embarastèr le ter-rain d’un fossé à l’autre par un rang de palissades & par d’autres obstacles. Quelquefoisles historiens, en rapportant les circonstances des sieges, parlent aussi de ces fossés,surtout de ceux qui méritoient quelqu’attention, comme étoient dans PHircanie lestrois fossés de la ville de Syringe, qu’Antiochus assiégea, & dont parle Polybe Lib.X. ch. 2.9. Quelquefois ils n’en font point du tout mention, & le Chevalier de Lo-loozveut prouver par ce silence que les villes des anciens n’en étoient pas entourées, & qu’iln’y en avoir pas eû nommément devant Marseilles. Cette preuve est fans doute très foi-ble; car pourquoi veut-on qu’un historien s’arrête à la description d’un foflé, s’il nes’est rien fait à l’occafion de ce fossé qui mérite l’attention du lecteur.
On fait que les anciens employoient dans leurs sieges certaines eípeces de tortuesque les Grecs appelloient les latins tejìudo & comme Vitruve ajoute ad
congestionem fojsarum, dont la destination étoit de protéger le comblement du fossé.L’armée de César s’en servit au siégé de Marseilles, & il est dit expressément, qu’il y eneût une des mieux conditionnées & de 60. pies de long, qui devança les travailleurspour leur faciliter les moyens d’applanir le terrain. Antecedebat tejìudo pedum LX.cequandi loci causa. Il n’y a presque pas de doute que par cet œquandi loci causa ,les historiens qui employoient souvent cette expression n’entendent le comblement dufossé. Car s’il ne s’agiíloic que d’égaliser simplement le terrain, pourquoi construire desi grandes galeries ^ & pourquoi les garantir íi soigneusement du feu qu’on faisoit tom-ber des murs fur leurs toits. Ces mêmes tortues renfermoient auffi souvent les béliers,Lc on voit bien qu’il falloir commencer par combler le sosie pour les approcher desmurs. L’employ qu’on fit d’une pareille tortue au siégé de Marseilles, paroit doncPemporter manifestement fur le beau calcul de probabilité dont le critique dit, quec’est le seul moyen de ne pas s’égarer dans les choses problématiques, & par lequelil prétend avoir prouvé Pinexistence de tout fossé devant Marseilles.
Pour égayer le lecteur, je lui présenterai ici le bel épisode que fait à cette occasionmon censeur. L amour de la gtoire, dit-il, cet aiguillon Jî yìspour une amt qui ne sou-pire qu!après les occasions d être Utile à fa patrie, & deseryir dignement son Roi , m.’afait parcourir & combiner tout ce qui a été écrit fur sart militaire ; & il rìesl point de