Band 
Vol. II.
Seite
491
JPEG-Download
 

DES MÉMOIRES MILITAIRES : 49 i

//vr« anciens que le désir d’acquérir des connoijsiances niait fait négliger; f ai con-sulté les originaux Ù toujours en défiance de moi-même & de ce fond d’amour proprequi fe complaît dans les premières idées qui fe présentent à Vesprit; j'ai consulté lespersonnes versées dans les langues mortes , 0 fans me rebuter de la secherejsic de tant decompilations, j''ai cherché la vérité dans cette foule d’ auteurs anciens, qui fous unfiile ferré paroìjsient souvent sie rendre aujji impénétrables que les Oracles de Delphes ,les Sybilles de Cumes, ou que ces Adeptes qui fous les emblèmes, semblent vouloir dé-rober au vulgaire leur secret, & fe rendre célébrés par un mystère qui ria quelquefoisdl autre base que leur imagination & la crédulité des esprits faibles, & je crois avoiraccumulé des preuves suffisantes qu'il y avoit dans Vantiquité beaucoup de places fortesfansfoffié qui les environnoit. Parturiunt montes, nafeetur ridiculus mus. Je dé-couvre dans mon critique certain fond de vanité qui surpasse l’imagination. S’il est:vrai aue le bon homme ait lu tous ces anciens auteurs, comme il s’en vante, il faut que íamémoire l’ait bien mal servi, & qu'elle lui ait fait oublier jusqu’à leur nom même. Jene doute pas au reste qu’il ne soit excellent officier, & qu’il n’ait des talens supérieurs;mais je voudrois du moins pour son honneur, qu’il n’allât pas s’ériger en critique, & qu’ilne fit pas de nouveaux commentaires fur César; parcequ’il n’est pas si aisé qu’il le croied’en imposer à tout le monde.

CHAPITRE VIII.

D u Blocus d'AI esta, P *s. j *.

J ’avoìs donné dans mes Mémoires un détail circonstancié du blocus d’Alésie, d’après ladescription que César en fait lui même dans ses commentaires. Plusieurs littéra-teurs ayant traité cette matière avant moi, j’avois remarqué, que faute d’avoir saisi lesens du texte, ils avoient pour la plupart si prodigieusement multiplié les ouvrages exé-cutés par les troupes de César à l’occaíion de ce blocus, qu’on étoit tenté de douter deleur existence. Le Chevalier Folard guidé par le bon sens & pa^ ía grande expériencedans l’art de la guerre, Payant également observé, avoit déja retranche dans son plan& dans son exposé une partie de ces sosies superflus & gigantesques, & je croyois nepas avoir perdu ma peine, après avoir cherché dans les paroles memes de César les ar-mes nécessaires pour combattre ces erreurs. Le Chevalier de Lo-looz, qui se fait un de-voir de frapper en aveugle fur tout ce qui vient à fa rencontre, n’a pas laissé de fe jet—ter encore à corps perdu fur mon exposé. Comme il ne régne aucun ordre dans fa cri-tique & qu’il s’écarte toujours à deííèin de son objet principal, je n’ai pas jugé à proposde le suivre ici dans tous ses détours, mais je ferai de nouveau le détail de ce fameuxblocus, tant pour suppléer à celui qu’on voit dans mes mémoires, que pour répondre auxobjections du Chevalier à mesure que Tordre des matières m’en fournira Toccasion.

Vercingetorix Chef des Gaulois attaqua l’armée de César qui étoit en marche, &a yant été repoussé avec perte, so retira avec ses troupes à Alésie ville des Mandubiens, furle mont Auxois en Bourgogne. A son arrivée il se posta fur la montagne sous les

Qqq 2.